Dans un contexte de tensions persistantes autour de la commercialisation du cacao ivoirien, la sortie du président du Syndicat national des planteurs de Côte d’Ivoire (Synap-CI), Koné Moussa, dénote de la colère qui a lieu chez les producteurs.
Depuis quelques mois, la filière Café-Cacao est dans le dur. Une situation qui met l'ensemble des planteurs dans une situation de colère et de découragement. Encore plus la réduction du prix du kilogramme de cacao de 2800 FCFA à 1200 FCFA. Leur premier responsable syndical, Koné Moussa fait une sortie sans porter de gants. « Dès la première semaine, nous avons constaté que les coopératives n’avaient pas les liquidités nécessaires pour payer les producteurs. Beaucoup de cacao sont restés bloqués dans les magasins », déplore-t-il.
Dans les
zones de production, cette pénurie de trésorerie provoque un engorgement sans
précédent. Des sacs de fèves s’entassent dans les entrepôts, tandis que les
planteurs attendent toujours le paiement de leurs récoltes. Une situation qui
nourrit l’incompréhension et la frustration au sein de la base paysanne.
Pour Koné
Moussa, la pilule est d’autant plus difficile à avaler que le prix du cacao a connu une forte baisse du prix. « Ils ont cassé plus de la moitié du prix du
cacao et j’entends dire que l’État a fait des efforts. Si ce n’est pas dans le
secteur du cacao, je n’ai jamais vu un salarié dont le salaire est divisé par
deux et qui applaudit son patron », ironise-t-il, dans une comparaison qui
résume l’amertume des producteurs.
Selon le syndicaliste, ses pairs et lui avaient caressé un espoir de voir les choses s'arranger avec la nomination du Ministre Bruno Koné Nabagné. Mais une récente déclaration du membre du Gouvernement les a aussitôt refroidis. Selon lui, lui le ministre a déclaré que les intermédiaires ne
devraient acheter le cacao qu’aux producteurs détenteurs d’une carte
officielle.
Une
disposition qui, selon le Synap-CI, risque d’exclure une grande partie des
planteurs du circuit de commercialisation. « Beaucoup de producteurs se sont
recensés, mais n’ont jamais reçu leur carte. Cela veut dire que nous n’allons
pas vendre notre cacao ? », s’indigne le président du syndicat.
Pour les
producteurs, cette mesure s’apparente à une véritable menace économique. «
Cette déclaration du ministre est une menace pour notre activité et la survie
de nos familles. Nous n’allons pas l’accepter », prévient-il.
La colère vise également la gestion des fonds annoncés pour soutenir la
filière. Selon Koné Moussa, les producteurs n’ont toujours pas vu la couleur de
cet argent censé transiter par le Conseil du Café‑Cacao.
« Ils disent
qu’ils ont donné l’argent au Conseil Café-Cacao. Nous, on n’a rien vu »,
affirme-t-il, dénonçant ce qu’il considère comme une mise en scène médiatique.
« On les a vus décharger les sacs de cacao et réunir toute la presse nationale
et internationale comme si on venait de remporter la Coupe du monde. Pourtant,
personne n’a été payé », lance-t-il.
Face à ce
qu’il décrit comme une situation critique, le Synap-CI menace désormais de
passer à l’action. Le syndicat annonce la convocation imminente de ses membres
pour décider de la conduite à tenir.
« À partir de la semaine prochaine, nous allons convoquer tous nos membres. Nous allons prendre nos responsabilités parce que l’heure est grave », fait savoir Koné Moussa.
Oka Camille

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