Des milliers de familles se retrouvent à la rue après une opération de démolition massive menée par un opérateur privé. Entre colère, possession de titres fonciers (ACD) et action en justice, le quartier Koumassi Campement exige des comptes et l'arbitrage immédiat de l'État.
Depuis le 3 juin 2026, c'est un paysage de désolation qui s'étend désormais sur une partie du quartier Koumassi Campement. Des briques brisées, des effets personnels à ciel ouvert et, au milieu des gravats, des milliers de résidents plongés dans le désarroi. Victimes d’un déguerpissement brutal, les habitants impactés montent au créneau pour dénoncer une opération qu'ils jugent illégale et exigent réparation. La Première Dame, Dominique Ouattara a décidé de faire parler son cœur en faisant le vendredi dernier 17 juillet 2026. Au cours de cette cérémonie de don où elle était représentée par sa directrice de Cabinet, Patricia Yao, les populations impactées ont poussé un cri du cœur.
Urgence humanitaire et appels à l'indemnisation
Sur le terrain, la situation est critique. Des milliers de personnes dorment désormais à la belle étoile, sans abri ni solution de secours. Face à cette détresse, le collectif des victimes dirigé par Didier Kouamé articule ses revendications autour d'une priorité absolue : les réparations et les indemnisations. Les déguerpis réclament d'urgence un plan de relogement adéquat et le dédommagement intégral des pertes matérielles subies. " Depuis le 3 juin 2026, nous avons pleuré, nous avons interpellé. On a senti l'indignité, l'humiliation. Nous n'avons pas été abandonnés. Nous disons merci à la Première Dame de Côte d'Ivoire. Mais nous avons des besoins primaires. Les réclamations légitimes que nous faisons, c'est que nous soyons rétablis dans nos droits. Retrouver nos maisons qui avaient été détruites. Que nos terres nous reviennent. On nous a dit que le site est scellé. Nous demandons que site soit descellé pour que nous en prenions possession. Qu'on nous aide à reconstruire nos maisons. On a besoin d'argent pour reloger dans une situation indécente". En réponse à cette déclaration du porte-parole des victimes, l'émissaire de la Première Dame, Patricia Yao a laissé entendre qu'elle rendrait fidèlement à sa patronne. Bien que l'opération relève d'un litige privé, les impactés attendent une implication forte et un soutien concret du gouvernement ivoirien pour stopper l'hémorragie humanitaire.
Face à ce qu’elles qualifient « d'irrégularité flagrante », les victimes ne comptent pas se laisser faire. La riposte s'organise sur le terrain du droit. L'Observatoire du Barreau de Côte d'Ivoire a annoncé la mise en place d'une permanence d'assistance juridique entièrement gratuite.
Installée à la Maison de l'Avocat à Cocody, cette initiative vise à orienter et accompagner les familles détruites vers les voies de recours judiciaires possibles. La bataille pour la vérité et la dignité ne fait que commencer à Koumassi Campement, et elle se jouera désormais devant les tribunaux.


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