Décentralisation, financement des projets locaux et transition verte : à l’occasion de la 4ᵉ édition du Salon des collectivités territoriales, tenue du 15 au 17 octobre 2026 à Abidjan, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a réaffirmé son engagement à accompagner les communes et les régions dans la réalisation de projets durables, capables d’améliorer les conditions de vie des populations.
Les collectivités territoriales sont appelées à jouer un rôle déterminant dans le développement économique et social de la Côte d’Ivoire. Mais pour répondre efficacement aux attentes des citoyens, elles doivent disposer de ressources suffisantes, renforcer leurs capacités de gestion et surtout se doter de projets structurés susceptibles d’attirer des financements. C’est tout l’enjeu de l’accompagnement proposé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui a pris une part active à la 4ᵉ édition du Salon des collectivités territoriales, organisée du 15 au 17 octobre 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan, à Port-Bouët.
Placée sous le parrainage du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, cette édition avait pour thème : « Le transfert de compétences et des ressources, pour une décentralisation renforcée et accélérée ; gage de territoires plus efficaces et autonomes ». À travers ses stands, ses sessions de formation, un panel de haut niveau et le lancement d’un nouveau programme conjoint des Nations Unies, le PNUD a mis en avant une conviction : le développement local ne peut véritablement s’accélérer que si les collectivités disposent des moyens de concrétiser leurs ambitions.

Des besoins aux projets finançables : le défi des collectivités
Pour Blerta Cela, Représentante résidente du PNUD en Côte d’Ivoire, la décentralisation doit avant tout se traduire par des améliorations tangibles dans le quotidien des populations. Au cours du panel consacré aux politiques de décentralisation et de développement territorial, elle a rappelé l’importance de la proximité entre les élus locaux et les citoyens. « Une valeur créée sur place, dans un village ou une petite commune rurale. Une compétence qui arrive avec ses moyens et devient un service rendu », a-t-elle souligné, mettant en lumière la responsabilité des collectivités dans la fourniture des services essentiels. Toutefois, entre l’identification d’un besoin et sa concrétisation, un obstacle majeur demeure : le financement. Pour le PNUD, la solution passe notamment par la capacité des communes et des régions à élaborer des projets réalistes, chiffrés et suffisamment solides pour convaincre les partenaires financiers. « Les investisseurs, publics ou privés, nationaux ou internationaux, ne financent pas des besoins. Ils financent des projets », a insisté Blerta Cela. Un message qui interpelle directement les responsables des collectivités territoriales. La construction d’un marché, l’amélioration de la gestion des déchets, l’installation d’un éclairage solaire ou encore la modernisation des équipements publics nécessitent davantage qu’une simple expression de besoins. Ces initiatives doivent être accompagnées de dossiers techniques et financiers précis, démontrant leur pertinence, leur faisabilité et leur viabilité à long terme.
La bancabilité, une clé pour mobiliser les financements
Le PNUD entend ainsi aider les collectivités à franchir une étape décisive. A savoir, passer de la demande de financement à la présentation d’un véritable projet d’investissement. Pour être bancable, un projet doit répondre à quatre interrogations essentielles : quel besoin cherche-t-il à satisfaire ? Quel est son coût ? Comment sera-t-il exploité et entretenu ? Et quelles ressources permettront d’assurer son financement dans la durée ? Cette démarche doit permettre aux mairies et aux conseils régionaux de constituer des portefeuilles de projets prêts à être soumis aux partenaires techniques et financiers, aux banques, aux investisseurs privés ou encore aux mécanismes de financement climatique. Dans cette perspective, le PNUD propose un accompagnement portant sur la définition des priorités à partir des données disponibles, le montage et le chiffrage des projets, le renforcement des compétences des équipes locales ainsi que la présentation des dossiers aux partenaires financiers, notamment aux fonds verts et climatiques. Cet appui s’inscrit dans le cadre du programme de coopération 2026-2030 signé entre le PNUD et le Gouvernement ivoirien le 25 mars 2026, pour un montant annoncé de près de 100 millions de dollars. Ce partenariat prévoit notamment de former les acteurs locaux, de leur apporter une assistance technique, de faciliter le financement de leurs initiatives et d’en mesurer les résultats.

SIKA Local, un nouveau levier pour des territoires durables
Autre temps fort de la participation du PNUD au Salon des collectivités territoriales : le lancement de SIKA Local, un programme consacré à l’investissement local, à l’innovation et à la transition verte. Portée conjointement par le PNUD, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), avec l’appui du Fonds commun pour les Objectifs de développement durable (ODD) et aux côtés du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, cette initiative entend rapprocher l’expertise des Nations Unies des besoins des territoires. SIKA Local ambitionne de favoriser l’émergence et la réalisation de projets adaptés aux réalités des communes et des régions, en accordant une place importante à l’innovation, à l’investissement et à la transition écologique. Les collectivités, par cette approche, sont appelées à devenir de véritables acteurs de la transformation économique et environnementale de leurs territoires. Il s’agit notamment de promouvoir des solutions locales capables de concilier amélioration des services publics, création d’opportunités économiques et préservation de l’environnement.
Une décentralisation qui doit produire des résultats
L’enjeu est désormais de traduire le transfert des compétences en réalisations concrètes. Car confier de nouvelles responsabilités aux collectivités sans leur donner les moyens humains, techniques et financiers nécessaires risque de limiter la portée de la décentralisation. C’est précisément sur cette question que le PNUD entend se positionner, en accompagnant les élus et leurs équipes dans la préparation de projets susceptibles de mobiliser des ressources et de générer des résultats durables. « La Côte d’Ivoire que nous venons d’imaginer prend déjà forme dans vos communes et dans vos régions. Notre tâche commune est de la prolonger, pour aller plus loin, plus haut et plus fort », a déclaré Blerta Cela, appelant à une mobilisation collective de l’État, des collectivités territoriales, du secteur privé et des partenaires au développement.
Francis Aquey, info Sercom


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