La sortie de la Côte d’Ivoire de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) constitue incontestablement une victoire diplomatique, économique et institutionnelle. Mais au-delà des réjouissances officielles, une question essentielle mérite d’être posée : comment transformer cette reconnaissance internationale en résultats concrets et durables pour le pays ?
L'on peut s'en réjouir! La sortie de la liste grise est une bonne nouvelle pour l’image de la Côte d’Ivoire. Elle témoigne des efforts consentis par les autorités pour renforcer le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elle peut également contribuer à rassurer les investisseurs, les partenaires financiers et les institutions internationales sur la crédibilité du système financier ivoirien.
Mais il serait prématuré de considérer cette décision comme une victoire définitive. Car sortir de la liste grise ne signifie pas que tous les problèmes liés à la criminalité financière ont été définitivement résolus.
La lutte contre le blanchiment de capitaux ne doit pas être une simple exigence destinée à satisfaire les partenaires internationaux. Elle doit devenir un véritable instrument de bonne gouvernance, de transparence et de protection des ressources publiques et privées.
Aussi, la sortie de la liste grise pourrait faciliter les relations avec les banques internationales, rassurer les investisseurs et réduire certaines contraintes liées aux transactions financières. Mais ces avantages ne seront ni automatiques ni immédiats. Ils dépendront notamment de la confiance que le pays saura entretenir auprès des acteurs économiques.
Le GAFI a officiellement confirmé, le 30 octobre 2026, le retrait de la Côte d'Ivoire de la liste grise, à la suite de visites sur place concluantes. Le pays devra toutefois poursuivre sa collaboration avec le GIABA pour maintenir les progrès accomplis. Il serait donc regrettable que cette victoire institutionnelle se transforme en simple opération de communication politique. La sortie du GAFI doit plutôt ouvrir une nouvelle séquence qui est celle de la redevabilité, de la transparence et de l'application effective des règles.
La vraie question n'est donc plus de savoir comment la Côte d'Ivoire est sortie de la liste grise, mais ce qu'elle compte faire de cette opportunité. Les autorités ont obtenu la reconnaissance internationale. Elles doivent maintenant démontrer que les réformes engagées produisent des effets durables dans la gestion des affaires publiques, le fonctionnement du système financier et la lutte contre la criminalité économique.
Sortir de la liste grise est une performance. Construire un système financier transparent, crédible et à l'abri des pratiques illicites est un véritable défi.
F. Aquey


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