Après une première session ordinaire marquée par l’adoption de 17 projets de loi, dont celui portant Plan national de développement (PND) 2026-2030, la deuxième session ordinaire de l’année 2026 du Sénat de Côte d’Ivoire s’est ouverte à la Fondation Félix Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, ce lundi 12 octobre.
La Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la Paix de Yamoussoukro a connu une ambiance particulière, ce lundi 12 octobre 2026. Elle a abrité la deuxième session ordinaire de l'année 26026 du Sénat. Dans son allocution d’ouverture, la présidente de l’institution, Kandia Camara, a dévoilé les principaux chantiers qui attendent les sénateurs.
En ce qui concerne les travaux législatifs, les sénateurs auront à
examiner les projets de loi de finances ainsi que neuf autres projets de loi.
Parmi les textes annoncés figure le projet de loi portant réglementation de
l’amélioration génétique animale en Côte d’Ivoire. Un texte qui touche à un
secteur important pour le développement de l’élevage et l’amélioration des
performances de la production animale.
Les sénateurs examineront également le projet de loi
portant orientation de la politique nationale de promotion et de développement
des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille
intermédiaire (ETI). Un dossier qui s’inscrit dans les enjeux de développement
du secteur privé, de renforcement du tissu entrepreneurial et de création de
richesses.
Autre texte annoncé : le projet de loi portant ratification
de l’ordonnance n° 2025-290 du 7 mai 2025, modifiant l’article 51 du Code
électoral. Ces différents dossiers seront soumis à l’examen des sénateurs dans
le cadre de leurs prérogatives constitutionnelles.
La présidente du Sénat a également annoncé la présentation,
en séance publique, du rapport de la mission d’évaluation de la mise en œuvre
de la loi portant transfert et répartition des compétences de l’État aux
collectivités territoriales. Cette mission sera conduite dans le cadre des
dispositions du règlement du Sénat relatives à l’évaluation des politiques
publiques.
À cela s’ajoutera la présentation du rapport parlementaire
issu du symposium international sur les collectivités territoriales, organisé
du 26 au 28 mars 2026. Ces travaux traduisent l’intérêt accordé par le Sénat à
la décentralisation et à la prise en compte des préoccupations des
collectivités territoriales.
Cette deuxième session marque également une nouvelle étape
dans la modernisation du fonctionnement de l’institution. Kandia Camara a
annoncé la poursuite d’un vaste chantier de digitalisation des procédures
parlementaires, engagé depuis plusieurs mois.
Désormais, la présence des sénateurs dans l’hémicycle peut
être enregistrée et vérifiée en temps réel grâce à une solution numérique. Les
élus disposent également d’une plateforme leur permettant de déposer leurs
amendements par voie électronique. Les documents relatifs à leurs travaux sont
archivés numériquement et peuvent être consultés à tout moment.
L’expérimentation du vote électronique figure aussi parmi
les innovations annoncées, même si le vote à main levée demeure autorisé par le
règlement de l’institution.
Autre avancée mise en avant par la présidente du Sénat : la
possibilité pour les citoyens d’échanger avec leurs représentants à travers une
plateforme dédiée, sans nécessairement avoir à les rencontrer physiquement.
Pour accompagner cette transformation, des tablettes numériques seront mises à
la disposition des sénateurs. Des sessions de formation sont prévues du 13 au
16 octobre 2026 afin de faciliter la prise en main des nouveaux outils.
« Oui, le Sénat se modernise, mais cette modernisation du
Sénat n’est qu’une étape », a souligné Kandia Camara, qui entend inscrire
l’institution dans une dynamique d’adaptation aux évolutions technologiques.
Au-delà de la digitalisation, la présidente du Sénat a
évoqué les perspectives ouvertes par l’intelligence artificielle (IA). Face aux
transformations des méthodes de travail, d’apprentissage et de décision, elle
estime que les institutions parlementaires doivent prendre toute leur place
dans les réflexions sur l’encadrement de cette technologie.
La protection des données, la souveraineté numérique et la
place de l’humain dans la décision publique constituent, selon elle, des enjeux
essentiels. L’objectif est de permettre à la Côte d’Ivoire de tirer profit des
opportunités offertes par l’IA tout en préservant ses valeurs et les libertés
fondamentales.
La question de l’orpaillage illégal a également occupé une
place importante dans le discours de la présidente du Sénat. Face aux
conséquences économiques, environnementales, sécuritaires et sociales de ce
phénomène, Kandia Camara a appelé à une mobilisation collective.
Elle a salué les mesures prises par le gouvernement,
notamment l’adoption, le 23 septembre 2026, d’un projet de loi visant à
renforcer les sanctions contre les acteurs impliqués dans l’orpaillage illégal.
Le texte prévoit notamment de durcir les sanctions à l’encontre des
commanditaires, des receleurs, des financiers et des propriétaires de sites
complices.
Le Sénat entend examiner ce projet de loi avec toute
l’attention requise. Mais pour Kandia Camara, la réponse à ce fléau ne saurait
se limiter à l’action législative. Elle a ainsi invité les jeunes, les femmes,
les chefs traditionnels, les guides religieux, les forces de défense et de
sécurité, les administrations publiques et l’ensemble des forces vives à
s’impliquer dans la lutte.
Dans son discours, Kandia Camara a également salué la
mobilisation des partenaires techniques et financiers autour du PND 2026-2030,
qu’elle considère comme un signe de confiance renouvelée dans la vision du
président de la République, Alassane Ouattara, et dans les perspectives
économiques du pays.
En conclusion, la présidente du Sénat a appelé ses collègues à faire de cette session un temps d’action utile et de résultats concrets. Car pour elle, la confiance des citoyens repose sur l’exemplarité des institutions, la pertinence des décisions et l’efficacité de l’action publique.


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