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FIF: Malick Tohé : « Le football ivoirien doit devenir une industrie, pas une économie de survie... »

Publié le Lun 13 Juillet 2026 | 15 Vue(s) | [1413 sport]

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Malick Tohé se jette à l'eau

Le président du CO Korhogo et premier vice-président de la FIF appelle à une révolution de la gouvernance pour transformer le football en véritable moteur de développement économique. Il l'a fait savoir dans une interview accordée au confrère Bloomfield Review.

« L'argent suit toujours la rigueur, jamais l'inverse. » Cette phrase résume à elle seule la vision de Malick Tohé. À la tête du Club Omnisports de Korhogo (CO Korhogo) et premier vice-président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), le dirigeant défend une conviction forte : le véritable défi du football ivoirien n'est pas le manque d'argent, mais l'absence d'une gouvernance moderne et d'une stratégie économique durable. Pour lui, le temps des clubs gérés au gré des circonstances doit laisser place à des institutions solides, capables de créer de la richesse, d'attirer des investisseurs et de contribuer au développement de leurs territoires.

La gouvernance avant les millions

Dans un contexte où les clubs réclament régulièrement davantage de financements, Malick Tohé renverse le débat. « Un investisseur ne met jamais son argent dans une maison désordonnée », affirme-t-il. Organigramme clair, comptabilité certifiée, stratégie sportive, stabilité des dirigeants, professionnalisation des équipes administratives : voilà, selon lui, les véritables fondations d'un football performant. À ses yeux, les sponsors et les partenaires financiers ne fuient pas le football ivoirien ; ils attendent simplement des projets crédibles et bien structurés. « Le financement n'est pas le point de départ. Il est la conséquence d'une bonne gouvernance », insiste-t-il.

Faire des talents une richesse pour la Côte d'Ivoire

Chaque année, la Côte d'Ivoire révèle des dizaines de jeunes joueurs promis aux plus grands championnats. Une fierté nationale... mais aussi une richesse encore insuffisamment exploitée sur le plan économique. Pour Malick Tohé, il faut changer de logique. Les clubs formateurs doivent bénéficier pleinement des indemnités de formation et des mécanismes de solidarité prévus par les règlements internationaux. Les jeunes talents doivent d'abord contribuer au développement de leurs clubs et de leurs territoires avant de poursuivre leur carrière à l'étranger. « Un joueur n'est pas seulement un transfert potentiel. C'est une valeur économique capable de faire vivre tout un écosystème. »

Le CO Korhogo, une ambition qui dépasse le football

Au-delà des résultats sportifs, le président du CO Korhogo nourrit un projet beaucoup plus vaste. Après avoir consolidé le maintien du club parmi l'élite, l'objectif est désormais d'installer durablement le COK dans le haut du classement national tout en construisant une institution pérenne.

« Nous voulons que chaque habitant de Korhogo considère le club comme une fierté collective », explique-t-il. Cette ambition passe par la création de comités de base dans les quartiers et villages du Poro, un rapprochement avec les acteurs économiques locaux et un partenariat renforcé avec les collectivités territoriales. Le club ne veut plus être seulement une équipe de football. Il aspire à devenir un véritable ambassadeur de toute une région.

Sortir de la dépendance aux mécènes

Pour Malick Tohé, un club qui repose uniquement sur la générosité d'une personne reste fragile. Le défi consiste désormais à développer des revenus réguliers grâce au sponsoring, à une billetterie moderne, au merchandising, aux partenariats institutionnels et au numérique. Le retour progressif du CO Korhogo dans la capitale du Poro s'inscrit dans cette dynamique. Mais là encore, le dirigeant refuse toute précipitation. « Le retour à Korhogo ne doit pas être symbolique. Il doit être économiquement viable. » Infrastructures modernes, hébergement, logistique performante et véritable économie autour des jours de match devront accompagner cette relocalisation.

Le supporter, premier partenaire économique

L'un des grands chantiers défendus par Malick Tohé concerne la valorisation des supporters. Le lancement d'un maillot collector officiel illustre cette nouvelle approche. Pour lui, le succès populaire enregistré pendant la CAN, avec des millions de maillots vendus — souvent contrefaits — démontre l'immense potentiel économique du football ivoirien. « Nos supporters sont prêts à acheter des produits officiels. À nous de leur offrir une expérience de qualité, une boutique moderne et une véritable culture de marque. » Selon lui, la stratégie de marque, le contenu digital et les produits dérivés représentent aujourd'hui les plus grands gisements de croissance du football national.

Une réforme pour changer d'échelle

Fort de sa double responsabilité au sein de la FIF et du CO Korhogo, Malick Tohé plaide pour une réforme ambitieuse de la gouvernance des clubs. Il propose la création d'une "licence club économique", conditionnée à des critères précis : gestion certifiée, plan stratégique, centre de formation actif, marketing structuré et professionnalisation de la billetterie. Les clubs répondant à ces exigences bénéficieraient d'un accompagnement renforcé de la fédération et d'un accès facilité aux partenaires économiques. Pour lui, cette réforme constitue la clé d'un football ivoirien plus compétitif et financièrement autonome.

La qualification africaine, un nouveau départ

La victoire historique du CO Korhogo en Coupe Nationale ouvre désormais les portes des compétitions continentales de la CAF. Loin d'y voir une simple récompense sportive, Malick Tohé entend transformer cette qualification en accélérateur économique. Nouveaux sponsors, visibilité internationale, développement du merchandising, renforcement de la communication digitale et ouverture vers la diaspora figurent parmi les priorités du club. « Un trophée procure une immense émotion, mais c'est dès le lendemain qu'il faut commencer à bâtir l'avenir », souligne-t-il. À travers cette vision, le président du CO Korhogo lance un message clair : le football ivoirien possède déjà les talents, la passion et le public. Il lui reste désormais à construire les fondations d'une véritable industrie, capable de créer durablement de la valeur pour les clubs, les joueurs, les supporters et l'ensemble de l'économie nationale.

F.Aquey 

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