À l’approche de l’élection à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), l’Amicale des Présidents de Clubs du Football Féminin de Côte d’Ivoire hausse le ton. Dans un communiqué de presse, les dirigeants des clubs féminins demandent une implication directe et effective des acteurs de terrain dans la gestion de leur discipline.
Pour l’Amicale, le football féminin ivoirien ne peut plus être dirigé sans une participation significative de ceux qui, au quotidien, encadrent, forment et financent les joueuses. Les clubs estiment jouer un rôle central dans la détection et la formation des talents qui alimentent ensuite les sélections nationales, tout en assumant une grande partie des charges sur leurs fonds propres.
« Nous ne voulons plus être de simples figurants »
Les présidents de clubs dénoncent ce qu’ils qualifient d’« injustice institutionnelle », estimant que leur contribution au développement du football féminin ne se traduit pas suffisamment dans les instances de décision.
Ils réclament ainsi une véritable co-construction de l’avenir de la discipline. « Les clubs refusent d’être de simples figurants consultatifs », soutient l’Amicale, qui souhaite désormais passer d’un rôle de consultation à une participation effective aux décisions stratégiques.
Trois revendications majeures
Pour concrétiser cette ambition, l’Amicale des Clubs du Football Féminin met sur la table trois revendications clés.
La première concerne la présidence de la Commission du football féminin. Les clubs souhaitent que cette responsabilité soit confiée à un acteur de terrain disposant d’une réelle compétence et d’une connaissance approfondie des réalités du football féminin.
Deuxième exigence : la représentativité. L’Amicale demande que les acteurs directement impliqués dans la discipline — dirigeants de clubs, experts et anciennes joueuses — représentent au moins 70 % de la Commission du football féminin.
Enfin, troisième revendication et non des moindres : l’octroi d’au moins un siège avec voix délibérative au Comité Exécutif (COMEX) de la FIF, afin que les intérêts et les réalités du football féminin soient directement pris en compte au plus haut niveau de la Fédération.
Des engagements en contrepartie
L’Amicale ne se limite toutefois pas aux revendications. Les clubs annoncent également plusieurs engagements destinés à accompagner leur demande de responsabilités.
Ils se disent prêts à définir un plan d’action assorti d’objectifs mesurables et d’un calendrier stable, mais aussi à mettre en place un meilleur accompagnement des joueuses, notamment sur les plans juridique, administratif et médical.
À plus long terme, les acteurs ambitionnent également de poser les fondations d’une future Ligue Professionnelle féminine autonome et viable, capable de donner une nouvelle dimension au football féminin ivoirien.
À travers cette sortie, l’Amicale entend donc placer la gouvernance du football féminin au cœur des débats à l’approche de l’élection de la FIF.
Le message adressé aux futurs dirigeants de la Fédération est sans ambiguïté : « Donnez aux acteurs du football féminin la responsabilité de leur discipline et jugez-nous sur nos résultats. »
Une revendication qui pourrait peser dans les discussions à venir et remettre la question de la représentation du football féminin au centre de la gouvernance fédérale.
Francis Aquey


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