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Taekwondo/ Cissé Cheick Salah: "Aujourd’hui, je pose les armes de la compétition..."

Publié le Dim 11 Octobre 2026 | 27 Vue(s) | [1723 sport]

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Cissé Cheick Salah

Le champion olympique 2016 du Taekwondo, Cissé Cheick Salah a animé une conférence de presse au CSTICAO ? ce dimanche 11 octobre 2026. A cette occasion, il a annoncé sa retraite internationale et par la même occasion son souhait de briguer la présidence de la Fédération ivoirienne de Taekwondo. Discours

Merci. Merci sincèrement d’avoir répondu présents. Votre présence en ce jour signifie beaucoup pour moi, parce que nous ne sommes pas réunis uniquement pour parler de sport, de médailles ou de performances. Nous sommes réunis pour parler d’une vie. Une vie consacrée à un rêve. Une vie faite de sacrifices, de victoires, de défaites, de doutes, de courage et, surtout, d’amour pour un pays : la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, je prends la parole avec beaucoup d’émotion.

Car certains moments de la vie sont difficiles à expliquer. On peut préparer ses mots, répéter son discours, essayer de maîtriser ses émotions… mais lorsqu’il s’agit de refermer un chapitre qui a occupé une grande partie de votre existence, les mots ne suffisent pas toujours. Être un athlète de haut niveau est une histoire que peu de personnes connaissent réellement. Nos carrières sont courtes, souvent à peine une décennie, mais elles exigent une intensité que peu de vies supportent.

C’est perdre un combat, entendre les critiques, encaisser les déceptions et, le lendemain matin, retourner à l’entraînement comme si tout était encore possible. Parce que le sportif n’a pas toujours le droit de montrer ses faiblesses. On attend de lui qu’il soit fort, qu’il gagne, qu’il rassure, qu’il fasse honneur à son pays. Et lorsqu’il gagne, tout le monde célèbre la victoire. Mais lorsqu’il perd, lorsqu’il se blesse, lorsqu’il traverse une période difficile, il doit souvent mener seul un autre combat, loin des caméras et des applaudissements. Voilà aussi la réalité du sport de haut niveau. Je ne dis pas cela pour me plaindre.

Je le dis parce que cette réalité mérite d’être entendue. Car une carrière sportive ne se mesure pas seulement au nombre de médailles remportées. Elle se mesure aussi à tout ce qu’un homme ou une femme a accepté de donner pour atteindre ses objectifs. Et parfois, ce que l’on donne est immense. On sacrifie sa jeunesse, en mettant nos rêves personnels de côté pour devenir un exemple. On renonce aux plaisirs simples pour respecter un régime strict, on s’éloigne de sa famille pour représenter son pays, et l’on porte sur ses épaules les attentes d’une nation entière. Et puis, après tout cela, vient la partie la plus difficile. Il arrive un jour où la carrière s’interroge, où l’on se demande quand arrêter, comment arrêter, et sur quelle note quitter la scène. Parce qu’un athlète ne quitte pas seulement une discipline lorsqu’il arrête la compétition. Il doit aussi apprendre à se séparer d’une partie de lui-même. Il se demande aussi ce que le pays retiendra de nous : serons-nous oubliés, ou resterons-nous dans le cœur de ceux que nous avons représentés ? Aurons-nous cette reconnaissance qui traverse le temps, ou serons-nous simplement une page tournée ?

La vie du sportif est toujours en mouvement, entre deux avions, des compétitions, des rêves… puis soudain tout s’arrête. Il doit accepter que son corps ne lui permette plus les mêmes efforts, que les nouvelles générations prennent leur place, et que ce qui faisait son quotidien hier devienne demain un souvenir. C’est ainsi que naissent les fragilités, les blessures invisibles, celles qui ne se soignent pas avec de la glace ou des bandages. Voilà pourquoi, aujourd’hui, le sport parle davantage de psychologie, de santé mentale et d’équilibre intérieur. Nous préparons les athlètes à gagner des médailles. Nous les préparons à représenter la Nation. Nous les préparons à affronter leurs adversaires. Mais nous devons aussi mieux les préparer à l’après-carrière. Nous devons leur permettre de se former, de se reconvertir, de prendre soin de leur santé physique et mentale, et de continuer à contribuer à la société après leur parcours sportif. Si je prends le temps de partager cette réflexion aujourd’hui, c’est parce que je crois que nous avons une responsabilité collective envers les générations qui arrivent. Derrière chaque athlète, il y a un avenir à préparer. Et derrière chaque carrière qui se termine, il devrait y avoir un nouveau chemin à ouvrir.

Bref… En quelques mots, la vie d’un athlète de haut niveau est un être qui se construit dans le sacrifice, avance dans la douleur, se dépasse dans le silence, et offre sa vie au rêve d’un pays qui ne voit que la victoire, jamais le chemin. Alors, le Taekwondo m’a enseigné que chaque combat connaît sa fin, mais que chaque fin ouvre un nouveau chemin. --Aujourd’hui, je choisis de refermer ce chapitre. Après de nombreuses années consacrées au Taekwondo et au rayonnement de la Côte d’Ivoire, j’ai décidé de mettre un terme à ma carrière sportive. C’est une décision mûrement réfléchie, prise avec sérénité et le sentiment du devoir accompli.

Le Taekwondo m’a tout donné : la discipline, le respect, la patience, l’humilité. Il m’a appris que le talent ne suffit pas, que le travail est indispensable, et que le véritable courage consiste parfois à continuer lorsque personne ne vous regarde. Il m’a permis de porter les couleurs de mon pays, de vivre des moments inoubliables et de comprendre ce que signifie représenter des millions de personnes au-delà de soi. Je quitte la compétition avec gratitude, respect et reconnaissance. Car la fin d’une carrière ne doit jamais être confondue avec la fin d’un engagement. Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Alassane Ouattara, ainsi qu’à son épouse Madame Dominique Ouattara, pour leur engagement constant en faveur du sport, en particulier du Taekwondo, et pour l’honneur de m’avoir adopté comme un fils. Ma reconnaissance va également à Monsieur le Ministre des Sports, Adjé Silas Metch, pour sa proximité avec les athlètes et son engagement envers notre discipline.

Je remercie aussi les anciens ministres Alain Lobognon, François Amichia et Paulin Danho, qui ont chacun contribué à mon parcours et au rayonnement du sport ivoirien. Je salue Monsieur Georges N’Goan, Président du Comité National Olympique, pour son accompagnement, ainsi que les présidents successifs de la Fédération Ivoirienne de Taekwondo qui ont, chacun à leur époque, façonné notre discipline et accompagné mon parcours : le feu Général Ouassenan, le Colonel-Major Yao Touré Albert, Monsieur le PCA du Conseil Café-Cacao Coulibaly Siaka, Monsieur le Ministre Bamba Cheick Daniel, et Monsieur le Député Maire Jean-Marc Yacé. Leur engagement et leur vision ont façonné notre discipline et soutenu les athlètes ivoiriens. Je veux également saluer la presse, qui a porté ma voix, raconté mes combats et accompagné mes victoires comme mes défaites. Car lorsqu’on est athlète, gagner ne suffit pas : l’essentiel est d’inspirer une nouvelle génération, et cela passe par le regard, la plume et le travail de ceux qui transmettent nos histoires.

Grâce à vous, mes performances ont pu dépasser les tatamis pour entrer dans les foyers, dans les écoles et toucher le cœur des Ivoiriens. Je vous remercie pour votre constance, votre engagement et pour avoir donné à ma carrière une résonance qui va bien au-delà du sport. Je veux adresser une reconnaissance plus particulière à tous mes maîtres et à la grande famille du Taekwondo. On parle souvent des champions, mais on oublie parfois ceux qui les ont formés. Chers maîtres, à chaque combat gagné, j’ai senti vos prières, votre force, votre unité. Vous avez été ce souffle invisible qui porte l’athlète quand les jambes tremblent, cette énergie silencieuse qui traverse les tatamis et qui donne du courage dans les moments décisifs. Si j’ai tenu, c’est aussi parce que vous étiez là. À toute la Côte d’Ivoire, je vous dis merci. Et à vous, jeunesse ivoirienne, je veux dire ceci : croyez en vos rêves, même lorsqu’ils semblent impossibles. Le Taekwondo était considéré comme un sport mineur, mais par le rêve, la persévérance et la foi, j’ai pu changer la donne et transformer cette image. Le sport est une école de vie, une voie d’honneur et de dépassement. Ne laissez jamais personne vous convaincre que vous n’en êtes pas capables. Aimez ce que vous faites, engagez-vous avec passion, et vous verrez que vos rêves peuvent devenir une force qui change l’histoire.

--Aujourd’hui, je pose les armes de la compétition. Je ne me battrai plus pour une médaille, mais pour ceux qui rêvent de la gagner. Le Taekwondo m’a tout donné ; il est maintenant temps pour moi de redonner au Taekwondo. Car au-delà des victoires demeure une question essentielle : qu’as-tu transmis ? Je quitte la compétition, mais je ne quitte pas le combat. Mon prochain combat ne sera pas pour une médaille, mais pour faire rayonner notre discipline autour d’une fédération unie, forte, moderne et innovante. C’est pourquoi je déclare officiellement mon ambition d’être candidat aux prochaines élections de la Fédération Ivoirienne de Taekwondo, prévues pour le 30 octobre prochain. Une candidature portée par la jeunesse, animée par une vision nouvelle, pour ouvrir une nouvelle ère du Taekwondo ivoirien.

JAI DIT

Cheick Cissé

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