Le président de l'Alliance Démocratie d'Afrique ( ADA), Alpha Diallo fait une lettre ouverte Premier Ministre, Beugré Mambé et les membres du Gouvernement sur la Santé mentale et dépendance. Lecture!
À Monsieur Robert Beugré Mambé, Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
à Monsieur Téné Birahima Ouattara, Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense.
Messieurs les Ministres,
Je vous écris au sujet d’une urgence silencieuse, mais explosive : la santé mentale et les dépendances, notamment chez les jeunes.
Ce n’est pas un “sujet de société”. C’est un sujet de santé publique, de sécurité, d’école, de productivité nationale… et d’avenir.
Je parle ici des dépendances, mais aussi de ce qui les précède souvent ou les accompagne : dépression, burn-out, anxiété, traumatismes, idées suicidaires, troubles du sommeil, troubles de l’humeur. Ces réalités existent, elles progressent, et elles sont encore trop souvent vécues dans la honte et le silence.
Sur le terrain, le réel gagne trop souvent. Les familles se retrouvent seules, sans solution claire. Les jeunes basculent, puis disparaissent des radars.
Et pendant ce temps, l’accès aux substances les plus destructrices reste trop facile. L’alcool est partout, banal, disponible à bas coût, parfois au plus près des établissements scolaires et des espaces de jeunesse. La drogue circule, avec des points de vente connus, une offre qui s’adapte, et une capacité de nuisance qui dépasse largement la seule question morale.
Je propose une idée simple, concrète et immédiate : la Côte d’Ivoire a besoin d’un réseau visible, accessible de centres de désintoxication et de stabilisation, adossé à une politique de santé mentale assumée. Parce qu’on ne combat pas une dépendance avec des slogans.
On la combat avec des lieux, des équipes, des protocoles, et une prise en charge continue.
Aujourd’hui, quand un jeune devient dépendant — ou quand une personne s’effondre psychologiquement — la famille se pose trois questions : où l’emmener maintenant, sans honte et sans risque ? Qui peut le prendre en charge de manière professionnelle ? Et quelle est la suite après l’urgence ?
Trop souvent, la réponse est floue. Et quand c’est flou, on perd du temps. Et quand on perd du temps, la dépendance s’installe, la dépression s’aggrave, l’anxiété se chronicise, et la famille se fracture.
Il faut donc créer des portes d’entrée claires : des structures identifiées, connues du public, joignables, orientant immédiatement vers le bon niveau de prise en charge.
Je propose un réseau national, simple à comprendre :
D’abord, des lieux de stabilisation, accessibles, où l’on peut accueillir une personne en crise, la protéger, évaluer rapidement, et orienter sans attendre.
Objectif : ne plus laisser les familles seules face à l’urgence. Ensuite, de vrais centres de désintoxication, avec équipes formées, protocoles clairs et sécurité : sevrage médicalement encadré, accompagnement psychologique, prise en charge des troubles associés (dépression, anxiété, traumatismes), et protection de la dignité. Il faut traiter la dépendance comme une maladie, pas comme une faute.
Enfin, la réhabilitation et la réinsertion. Parce que le sevrage n’est pas la fin, c’est le début. Il faut des parcours : formation courte, sport structuré, service civique, insertion professionnelle, accompagnement familial, suivi de rechute afin d’éviter le retour au même environnement sans filet de sécurité.
Un seul grand centre ne suffira pas. Il faut un réseau, proche des gens, un centre de référence à Abidjan, des antennes régionales qui montent en puissance, et surtout un système d’orientation national : un numéro, une porte, une solution. Quand une mère, un père, une sœur, un oncle appelle… il faut qu’ils sachent quoi faire dans l’heure, pas dans trois semaines.
Et parallèlement, il faut agir sur les causes sociales. Une partie des dépendances naît d’un cocktail banal : vide, ennui, pression, accès facile, absence de cadre. De même, une partie des effondrements psychologiques naît de la fatigue chronique, du stress, du chômage, du sentiment d’impasse.
C’est pourquoi cette politique ne doit pas être seulement médicale, mais aussi une politique de structure.
Programmes sportifs structurés, compétitions inter-régions, camps de performance, encadrement communautaire, disciplines quotidiennes…
Le sport n’est pas un slogan, c’est un protocole de reconstruction. Et c’est aussi un outil de prévention contre la dérive, précisément lorsque l’accès à l’alcool et à la drogue est trop simple.
Messieurs les Ministres,
Une nation performante ne laisse pas une partie de sa jeunesse se brûler en silence.
Et un État fort ne moralise pas : il organise.
Une Côte d’Ivoire solidaire : cela signifie, très concrètement, que personne ne doit être abandonné au moment où il tombe. Cette lettre s’inscrit dans cet esprit : protéger, soigner, reconstruire, réinsérer — sans stigmatiser.
L’ADA est un parti de contribution. Ma démarche est simple : mettre sur la table des solutions prêtes, pour aider l’État à délivrer.
Respectueusement,
Alpha Diallo – Président Alliance Démocratique Africaine (ADA)

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