Les Éléphantes de Côte d'Ivoire U17 ont joué leur premier match de l'UFOA-B, ce mercredi à Yamoussoukro. Après leur victoire d'entrée face à leurs homologues togolaises (3-2), le sélectionneur, Mathieu esposito s'exprime en conférence de presse d'après match.
Coach, la Côte d’Ivoire s’impose 3-2 face au Togo. Comment expliquez-vous ce qui s’est passé dans le temps additionnel Quand vous dites que la Côte d’Ivoire a échappé à l’égalisation, c’est bien cela ?
En toute logique, nous devions terminer le match sur un score de 3-0. À 2-0, je pense que nous avions parfaitement maîtrisé notre première période.
À la pause, nous avons corrigé deux aspects tactiques, notamment notre jeu à l’intérieur. Cela s’est notamment vérifié sur le premier but, avec une combinaison que nous avions l’habitude de travailler mais que nous n’avions pas réussi à reproduire en première période.
Nous avons alors réussi à enchaîner avec une ou deux touches de balle, comme je l’avais demandé dans ces zones, afin de pouvoir entrer dans la surface et obtenir une situation de penalty ou une occasion de but. C’est exactement ce qui s’est produit sur cette première action. J’ai beaucoup apprécié notre organisation offensive et notre capacité à jouer dans la zone située entre les milieux et les défenseurs adverses. Sur le deuxième but, nous avons attaqué la profondeur. Nous avions observé que le Togo jouait avec une ligne défensive assez haute et nous avions demandé aux joueuses de plonger dans cet espace. Cela a également été bien réalisé.
Le troisième but est venu d’un excellent travail collectif, avec un débordement et un centre. Nous avions également travaillé la présence au deuxième poteau. Tout ce travail a donc été récompensé. En deuxième période, malgré la pression, nous avons su élever notre niveau technique et produire davantage.
Quel est votre avis sur l’arbitrage ?
Je pense que tout le monde a pu le constater. Je ne sais pas si les lois du football ont changé, mais jouer un six mètres à la main, je ne pense pas que ce soit interdit. Nous avons été sanctionnés sur cette situation. Nous avions justement demandé à notre gardienne de jouer le ballon à la main et de le poser afin de modifier une combinaison sur une sortie de balle arrêtée. Et nous nous retrouvons finalement avec un penalty contre nous, puis un carton rouge. Je pense donc qu'il faut revoir certaines choses concernant l'arbitrage. Dès la première minute du match, il y a eu trois fautes contre nous. En une minute, trois fautes. Il y a également eu des ballons qui, selon nous, n'étaient pas sortis, ainsi que des touches qui ont été sifflées dans un seul sens. J’ai eu le sentiment que l’arbitrage, dans sa globalité, était contre nous. Mais comme je le dis toujours, il y a un adversaire que nous ne pouvons pas battre : il est là-haut.
En première période, la Côte d’Ivoire a eu plusieurs occasions et a mieux organisé son jeu, mais n’a pas marqué. Peut-on dire que l’équipe organise bien son jeu mais manque encore d’efficacité ?
C’est effectivement l’un des problèmes que nous avons dans cette génération : trouver une véritable buteuse. On sait que c’est déjà difficile dans le football, et c’est encore plus compliqué dans cette catégorie. Nous avons des joueuses capables de marquer dans les autres catégories, comme celles que vous connaissez, notamment Safi et Seri. Mais dans cette génération, c’est effectivement un peu plus compliqué. Cela dit, les filles ont fait le travail en deuxième période en se créant de bonnes situations et en les concrétisant. Sur le troisième but, techniquement, il n’y a rien à redire : la passe, l’avant-dernière passe, la qualité du centre et la finition ont été excellentes. J’avais demandé dès la première période d’être plus justes techniquement dans les derniers mètres. Nous ne pouvions pas simplement envoyer des ballons. L’organisation était bonne, mais il nous manquait cette justesse technique que nous avons finalement retrouvée en deuxième période.
Vous meniez 2-0 avant de vous retrouver à 2-2. Est-ce un manque de concentration ou l’équipe adverse a-t-elle été plus forte en deuxième période ?
Non, ce n’est pas un manque de concentration. Comme je l’ai expliqué précédemment, si nous étions restés à onze contre onze, nous devions logiquement terminer le match tranquillement. J’avais prévu de faire quatre ou cinq changements, comme cela avait été préparé. Mais nous nous retrouvons avec un fait de jeu : un penalty sifflé contre nous et une joueuse expulsée. Ce n’est donc pas un problème de concentration. La preuve, c’est qu’à la fin du match, les filles se sont mobilisées et sont reparties vers l’avant. L’objectif était justement de ne pas encaisser un troisième but pour éviter de terminer à 2-2. Mais elles ont réalisé une action extraordinaire qui nous a permis de gagner ce match.
L’efficacité devant le but semble être un problème récurrent, notamment lors des matches contre la Sierra Leone. Quelles stratégies envisagez-vous pour corriger cela ?
Cela passe par le travail à l’entraînement. Si je veux apprendre à jouer du piano, je joue du piano, je ne cours pas autour du piano. C’est exactement la même chose dans le football. Si je veux apprendre à marquer des buts, il faut que je travaille la finition et que je marque des buts à l’entraînement. Le 3-0, nous l’avions pratiquement obtenu. Comme vous l’avez dit, sur le face-à-face, le ballon est passé juste à côté. Maintenant, ce sont de jeunes joueuses. Elles doivent apprendre à « tuer » les matches. Elles doivent également apprendre à gérer le tempo d’une rencontre. Et tout cela passe par le travail technique à l’entraînement.
Avant le match, la capitaine avait expliqué que le stress ne serait pas un problème. Quel bilan faites-vous de la gestion du stress aujourd’hui ?
Je n’ai pas trouvé une équipe stressée. Je ne sais pas si vous l’avez trouvée stressée, mais moi, pas du tout. Au contraire, nous avons réussi à mettre en place l’organisation que j’avais demandée, notamment dans l’occupation des couloirs et des demi-couloirs, ainsi que dans les zones hautes du terrain. Cela a été réalisé. Il manquait simplement un peu d’animation, notamment parce qu’en première période, les joueuses partaient toutes vers l’avant. J’avais justement demandé de corriger cela, avec certaines joueuses qui devaient décrocher et d’autres qui devaient apporter de la profondeur. Le but illustre parfaitement ce que nous travaillons à l’entraînement.
Donc non, je n’ai pas trouvé une équipe stressée. Nous avons plutôt pu être frustrés par certains faits d’arbitrage, mais les filles ont su se remobiliser et inscrire ce magnifique but.
On a également constaté une certaine différence entre les deux côtés. Le flanc droit, notamment avec Bakayoko, semble avoir été plus performant. Comment comptez-vous équilibrer les deux côtés pour la suite ?
Si je regarde la qualité de nos joueuses excentrées, je peux notamment citer Bakayoko, qui est à l’origine du centre sur le dernier but. C’est une joueuse qui aime provoquer les un-contre-un, et c’est une qualité que nous recherchons. Nous avons également vu qu’elle était capable de jouer des combinaisons sur les corners, dans le jeu à deux ou à trois. Elle a bien provoqué et c’est exactement ce que nous lui demandons. Nous ne bridons pas nos joueuses. Au contraire, j’insiste beaucoup à l’entraînement sur la nécessité d’aller provoquer, d’attaquer les espaces et de rechercher les un-contre-un dans ces zones du terrain. Bakayoko le fait particulièrement bien.
De l’autre côté, Bakoro, qui a marqué le penalty, possède d’autres qualités. Elle aime davantage lorsqu’il y a des espaces et elle utilise bien son pied droit pour rentrer à l’intérieur. Elle est également capable de faire de bonnes choses lorsqu’elle combine avec sa latérale, mais elle a besoin d’un peu plus d’espace. C’est vrai que, dans les petits espaces, Bakayoko est peut-être plus à l’aise.
Sercom FIF


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