Les producteurs de cacao de Sankadiokro, dans département d'Abengourou ne sont pas contents. Depuis plus de 4 mois, ils sont en attente de leur argent après avoir vendu leur cacao. Excédés par cette longue attente depuis que le kg de cacao a été fixé à 2800 FCFA, ils crient leur ras-le-bol.
Sobrin Louis, Planteur:
« On quémande pour manger...».

«Au niveau du cacao, on nous a fait espérer. On a applaudi le président Ado. 2800 le Kg de cacao. C'était la ruée vers l'or. Depuis plus de 4 mois, ils ont acheté notre cacao. On n'a pas encore reçu notre argent. Même 5 Francs, nous n'avons pas. On quémande pour manger. Que pouvons-nous faire ? Le cacao, on ne peut pas le manger. On ne peut rien faire avec. Le stock qui est là-bas, on ne paie pas. Et les gens nous font croire que l'on veut ramener le coût de l'ancien stock à 1200 FCFA. Pour quelle raison ? Je demande au Gouvernement de s'arranger à nous payer notre argent pour qu'on puisse survivre. Nous avons des enfants qui vont à l'école. On n'arrive même plus à joindre les deux bouts. On me doit 2.282.000 FCFA. Mais je n'ai rien. Actuellement, c'est ma femme qui me fait vivre avec son petit commerce. Est-ce normal ? Dites donc aux responsables du Conseil Café-cacao de s'arranger à payer notre argent. Houphouet Boigny a dit "un homme qui a faim n'est pas un homme libre". Arrivé un moment, celui qui a faim va se déchaîner. Et, ça ne sera pas intéressant».
Kouadio Anoh Didier, planteur:
« Depuis 4 mois, on a vendu notre cacao mais pas d'argent»!
«On est dans les difficultés. On ne sait plus quoi faire. On ne sait à qui s'adresser. Nous, planteurs, qu'avons-nous? Si ce ne sont nos produits que nous vendons pour survivre. Depuis plus de 4 mois qu'on a vendu notre cacao. Mais on ne nous a pas encore payé. Même le cacao récolté en décembre est stocké au magasin. Aujourd'hui, on vient nous dire que le prix du cacao est à 1200. On ne comprend plus rien. Si les anciens stocks étaient évacués et qu'on avait notre argent. On n'aurait aucun avec nouveau prix qui est passé à 1200. Mais on n'a rien et tout est bloqué. Alors que nous avons des charges. On ne sait plus à quel saint se vouer. Il faut que le gouvernement trouve une solution urgente pour nous libérer. Franchement, trop c'est trop. On n'a aucune autre activité. Avec cette situation, on n'a même plus le courage pour être planteur. On nous a toujours dit que le progrès de ce pays repose sur l'agriculture. Si l'Agriculture ne va pas, où irons-nous maintenant ? On a même un frère qu'on vient d'enterrer hier (samedi 14 mars 2026). Il était souffrant, il n'a pas eu son argent pour se soigner. Il est mort sans avoir encaissé son dû. J'ai 6 enfants qui vont tous à l'école. Actuellement, pour les scolariser, c'est un problème. J'ai même pris un crédit pour mettre dans une affaire, espérant qu'on paie mon cacao pour rembourser. Mais jusque-là, rien. mon créancier me réclame son argent, je ne sais même plus quoi lui répondre. J'ai plus d'une tonne de cacao au magasin. Je ne peux même pas évacuer. Que le gouvernement ait pitié de nous»
Ané N'Guessan dit ADO, planteur :
« On me doit plus de 4 millions FCFA»

Je suis déçu. Cela fait plus de 4 mois, ils ont pris mon cacao et je n'ai pas encore reçu mon argent. On me doit un peu plus de 4 millions FCFA. Dans l'année, je produis au moins 5 tonnes de cacao. On se débrouille maintenant pour survivre. Je suis obligé des crédits ça et là. J'ai des enfants qui vont à l'école. J'ai une fille qui a eu le Bepc, elle n'a pas été orientée. J'ai un autre fils qui a été orienté en classe de seconde à Abengourou. Chaque semaine, je dois envoyer de l'argent. Mais où avoir cet argent? En ce moment, je suis très endetté à cause de la situation. C'est mon argent que je veux. Qu'ils paient mon cacao. Depuis novembre 2025, la situation perdure.
N'Draman Tiémélé Alain, planteur :
« On vit tous avec des reçus...».

Nous sommes dans la désillusion. Nous avons des enfants à l'école. On vit tous avec des reçus. On me doit pratiquement 3 millions FCFA. Aujourd'hui, j'ai des larmes aux yeux quand je vois mes nièces et mes neveux. Ils comptent sur moi. Mais je n'arrive pas à assurer à cause de cette situation. Ma maman était hospitalisée à l'hôpital de Zinzénou. On a bataillé dur pour qu'elle revienne en vie. Et qui sait si on ne va pas nous appeler pour dire qu'elle a fait une chute. Si j'avais mon argent, j'allais l'envoyer à Abidjan ou même au CHR d'Abengourou et aussi au CHR d'Adzopé. Nous demandons à nos gouvernants d'avoir une oreille attentive à nos difficultés. Les vrais Ivoiriens souffrent, les planteurs souffrent. Il faut qu'ils paient notre argent. Qu'ils nous libèrent.
Francis Aquey, envoyé spécial

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