Yamoussoukro FC a battu l'Asec Mimosas, ce samedi 26 septembre 2026 en ouverture de la Ligue 1 ivoirienne à Yamoussoukro. Après cette victoire, le coach des Béliers s'exprime.
Coach, comment expliquez-vous cette victoire d’entrée de compétition face à l’ASEC Mimosas ?
Tout le monde a vu le match. On savait qu’on s’attaquait à un adversaire supérieur à nous, plus expérimenté. On ne présente plus l’ASEC. Nous avions donc mis en place un plan de jeu qui devait nous permettre de les contenir et de ne pas trop nous mettre en danger.
Cela a plutôt bien fonctionné, notamment en première mi-temps. On savait qu’il fallait sortir vite pour aller les mettre en difficulté. Le plan a été parfaitement respecté en première période.
Je suis un adepte du jeu, mais je savais que contre l’ASEC, avec nos jeunes joueurs, nous aurions beaucoup de mal à rivaliser, surtout pour une entrée en matière et avec le manque d’expérience que nous avons de cette Ligue 1.
Plutôt que d’essayer de jouer et de nous mettre en difficulté par séquences, nous avons préféré attendre, essayer de les prendre en contre et surtout être très bien organisés. Je pense que nous avons été extrêmement bien organisés, notamment en première mi-temps.
Nous sommes sortis plusieurs fois et nous avons marqué. Après, c’est vrai que lorsqu’on regarde la deuxième mi-temps, c’était presque un match à sens unique. Nous avons beaucoup trop subi à mon goût, mais nous n’avions pas les ressources pour faire mieux.
Il faut savoir que ce soir, nous avions sept absents. Nous avions également des blessés et des joueurs pas encore qualifiés. Il nous manquait donc pas mal de joueurs, notamment dans notre bloc offensif. Il a fallu faire avec nos jeunes.
Mais je suis vraiment très content de l’état d’esprit. Nous avons beaucoup défendu en deuxième mi-temps, mais nous ne pouvions pas faire mieux. Mon équipe a été absolument héroïque. J’ai trouvé l’état d’esprit exceptionnel.
Après cette victoire historique, peut-on déjà considérer Yamoussoukro FC comme une équipe capable de jouer le haut du tableau ?
Pour l’instant, il est trop tôt pour le dire. C’est un exploit, c’est historique, mais on peut rejouer ce match plusieurs fois et peut-être qu’on ne le gagnera pas. Il ne faut pas rêver.
Nous avons été héroïques, mais l’ASEC est une très, très belle équipe. Nous avons fait avec nos moyens du moment et nous savions que ce serait très difficile.
Maintenant, même pour un match nul, j’aurais signé tout de suite. Nous avons avancé dans l’état d’esprit. Je sais que nous sommes capables de nous battre et d’arracher des points. Après, on verra par rapport aux autres adversaires. Il est encore trop tôt pour en parler.
Nous avons passé l’obstacle de l’ASEC et, je vais vous l’avouer, sur mon tableau de marche, j’avais mis au maximum un point. Nous en avons pris trois. Pour nous, dans une opération maintien, c’est extrêmement important.
Pourquoi avez-vous remplacé votre latéral droit ?
Concernant Micka Dia, il a eu des crampes. Il était vraiment extrêmement épuisé et c’est lui qui m’a demandé à sortir. Il faut savoir qu’il n’avait pas joué depuis longtemps. Il est arrivé chez nous il y a une semaine et nous avions prévu que, vers la 70e minute, cela commencerait à devenir compliqué pour lui. C’est ce qui s’est passé. Il a été au bout de ses forces, mais nous ne pensions pas pouvoir aller beaucoup plus loin avec lui.
Vous semblez assez dur avec votre équipe alors qu’elle vient de battre l’ASEC. Ne pensez-vous pas que vous êtes trop exigeant ?
Moi, je suis un adepte du jeu de possession. Donc, quand je n’ai pas la possession, cela me gêne. Mais nous étions obligés de jouer comme ça. Nous ne pouvions pas nous permettre de laisser l’ASEC développer son jeu, parce qu’aujourd’hui, nous n’en avons pas les moyens.
Nous avons mis en place un plan de jeu qui a fonctionné, et qui a très bien fonctionné. C’est vrai qu’en première mi-temps, la possession était probablement pour eux, mais ils n’ont pas eu d’occasion nette, il me semble. J’ai trouvé que notre prestation était plutôt bonne.
J’ai quand même trouvé qu’il nous manquait un peu d’ambition dans le jeu. Nous aurions pu aller un peu plus loin, un peu plus haut. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui, nous avions une équipe avec une moyenne d’âge de 20 ans et quelques mois, et que 90 à 95 % du groupe découvrait la Ligue 1.
Donc peut-être que je suis un peu dur, mais moi, je veux que nous soyons ambitieux.
En deuxième mi-temps, nous n’avons fait que défendre. Nous avons essayé de sortir, mais nous n’avions plus la force. Les joueurs vont apprendre de ce genre de match.
C’est vrai que nous avons trois points, c’est un bonus énorme pour nous. Nous ne nous y attendions pas forcément. Mais ce que je retiens surtout de cette deuxième mi-temps, c’est que j’ai vu mes jeunes se battre jusqu’au bout pour conserver le résultat.
J’ai trouvé cela vraiment magnifique. Nous avons gagné quelque chose ce soir, notamment sur le plan mental et sur celui de la solidarité.
Vous avez connu la Ligue 2 et vous découvrez maintenant la Ligue 1. Quelle différence faites-vous entre les deux divisions ?
Déjà, je trouve que, sur le plan technique, les joueurs sont d’un niveau supérieur. L’ASEC a une très belle équipe, vraiment, mais il y en a d’autres également. Sur le plan technique, c’est un cran au-dessus.
Mais surtout, sur le plan de l’impact athlétique, ça va beaucoup plus vite. C’est plus puissant. Nous l’avons remarqué ce soir.
Après, finalement, nous ne sommes pas si loin que ça. Mais encore une fois, lorsque vous avez beaucoup de joueurs qui découvrent la Ligue 1, il faut leur laisser le temps d’apprendre, de se mettre au niveau et de s’adapter aux impacts.
Ce n’était pas facile, mais il y a une marge de progression.
Il y a des équipes de Ligue 2 qui sont de très bonnes équipes, mais il existe quand même une différence, ce qui est normal, avec le haut du tableau de la Ligue 1. L’ASEC est le très haut du tableau de la Ligue 1. C’est même une équipe présente au niveau continental. Nous, nous arrivons de Ligue 2. Il y a donc logiquement un petit écart.
Cette victoire ne risque-t-elle pas de vous faire perdre votre maîtrise ou de vous enflammer ?
Non, exactement. Il ne faut surtout pas s’enflammer. Ce n’est pas le genre de la maison.
Il ne faut surtout pas s’enflammer pour une victoire qui a été difficile à obtenir. C’est une belle équipe, je le répète.
Comme je le dis toujours aux joueurs, il ne faut surtout pas baisser la tête lorsqu’on connaît un échec ou lorsqu’on perd un match. Il faut rester mesuré, garder la maîtrise émotionnelle. Il ne faut pas s’enflammer, mais il ne faut pas non plus voir tout en noir ou tout en blanc. Il faut essayer de garder l’équilibre.
Nous allons évidemment regarder ce qui a été bien fait et ce qui a été moins bien fait. Encore une fois, ce n’est pas notre identité de défendre comme nous l’avons fait en deuxième mi-temps, mais nous étions vraiment obligés de le faire.
Je trouve aussi que, dans le football, c’est une vertu qu’il faut avoir : être capable de défendre, de se faire mal et de souffrir. C’est aussi comme cela qu’on prend des points.
Notre dernière défaite en compétition remonte au 6 novembre 2025. Nous avions perdu ici, le 6 novembre 2025. Nous arrivons au mois d’octobre, cela fait donc près de onze mois que nous n’avons pas perdu.
Mais quand je vois l’état d’esprit des jeunes et des joueurs ce soir, cela ne me surprend pas.
Maintenant, cela reste un seul match. Mais ce sont trois points de bonus pour nous, vraiment trois points de bonus sur notre tableau de marche.
Quels sont les points que vous devez encore améliorer après cette rencontre ?
Je trouve que nous avons été très solides, même très, très solides sur le plan défensif.
Nous devons améliorer nos sorties de balle sous pression. Quand nous récupérons le ballon face à une équipe comme l’ASEC et que nous sommes pressés, je trouve que nous n’avons pas été très performants. Cela peut se comprendre et cela peut s’expliquer.
Et puis surtout, nous devons faire davantage peur à l’adversaire de ce calibre lorsque nous nous projetons vers l’avant.
Vous avez vu qu’en deuxième mi-temps, nous avons eu deux ou trois situations, notamment un face-à-face qui aurait pu nous permettre de tuer le match.
Le garçon qui est entré est un joueur né en 2009. C’était sa première participation. Il a un peu tremblé lorsqu’il s’est retrouvé face au gardien adverse. D’habitude, il est très à l’aise et c’est un marqueur de buts.
Mais là, c’était la Ligue 1. Ce n’est pas la Ligue 2. Et en face, c’était l’ASEC, une équipe du très haut niveau de la Ligue 1. Nous allons apprendre de ce genre de rencontres.
Propos recueillis par Francis Aquey à Yamoussoukro


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