À l’occasion de la session de formation consacrée aux systèmes de jeu et aux nouvelles lois de l’arbitrage dans le football, Younes Hattab, Directeur technique national (DTN) de la Fédération ivoirienne de football (FIF), a salué une initiative qui contribue, selon lui, à rapprocher les différents acteurs du football. Il insiste notamment sur la nécessité de mieux former les entraîneurs et les journalistes à la compréhension d’un football devenu de plus en plus flexible et hybride.
Monsieur le Directeur technique national, quelle appréciation faites-vous de cette initiative de formation ?
C’est une très belle initiative. Elle permet aujourd’hui à
l’ensemble des acteurs du football d’être alignés, d’utiliser des vocables
identiques et d’avoir des connaissances communes. Ce type d’initiative permet
également aux professionnels de la presse, notamment aux journalistes sportifs,
de mieux appréhender la communication et les commentaires de match. Pour moi,
c’est une excellente initiative. Je félicite donc les organisateurs de cette
journée. J’ai également beaucoup apprécié son caractère interactif. Les
journalistes ont pu participer et intervenir, et j’ai trouvé que leurs
interventions étaient de qualité et très pertinentes.
Peut-on encore parler d’une disposition tactique fixe sur un
terrain, alors que le football moderne est marqué par beaucoup de mouvements ?
Il a toujours existé un système de jeu de base. Chaque équipe
possède son propre système de jeu, voire plusieurs systèmes, parce qu’un
entraîneur peut en utiliser plusieurs. Mais ce qui est important, une fois que
le coup d’envoi est donné, c’est la flexibilité du système de jeu. Si je joue
en 4-3-3, par exemple, je ne vais pas rester en 4-3-3 pendant les 90 minutes. À
certains moments, mon équipe peut évoluer en 3-4-3, en 3-2-2-3 ou encore en
3-2-5. Le système de jeu de base doit donc être flexible et capable d’évoluer
en fonction des différentes phases du match. Cela nécessite, de la part de
l’entraîneur, mais surtout des joueurs, une très grande compréhension du jeu et
une véritable intelligence du jeu. C’est cela que nous voulons mettre en avant
: il ne s’agit plus uniquement de travailler sur des systèmes figés, mais
davantage sur des systèmes hybrides et flexibles.
Comment la Direction technique nationale peut-elle contribuer
à améliorer cette compréhension du jeu chez les joueurs et les entraîneurs ?
Notre rôle, en tant que DTN, est d’abord de former les
nouvelles générations d’entraîneurs. Dans nos modules de formation, nous devons
leur expliquer l’importance de ne pas considérer les systèmes comme quelque
chose de figé.
Un système doit être évolutif et flexible. Cela signifie
également que nos joueurs ne doivent plus seulement être considérés à travers
leurs postes. Ils doivent avoir des fonctions. Et pendant un match, ces
fonctions peuvent être différentes et évoluer en fonction des phases de jeu. Notre
rôle est donc de mieux former nos éducateurs.
Quel jugement faites-vous sur le niveau des jeunes
footballeurs locaux
Je le redis encore une fois : j’ai trouvé énormément de
talent en Côte d’Ivoire chez les jeunes joueurs, avec beaucoup de qualités
techniques et athlétiques.
Maintenant, si nous arrivons à faire progresser nos jeunes
talents sur les aspects davantage cognitifs, notamment la compréhension du jeu
et l’intelligence du jeu, c’est toute la Côte d’Ivoire qui va en bénéficier.
Entretien réalisé par Francis Aquey


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