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Entretien avec Ben Sanou, coach ivoirien: « J'ai peur pour Hervé Renard...»

Publié le Lun 21 Septembre 2026 | Modifié le Lun 21 Septembre 2026 | 33 Vue(s) | [24 interviews]

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Ben Sanou, entraîneur de football.

À l’issue de la session de formation consacrée aux systèmes de jeu et aux nouvelles lois de l’arbitrage dans le football, le coach Ben Sanou présent à cette rencontre livre ses impressions. Il salue une initiative qui, selon lui, permet aux journalistes, entraîneurs, éducateurs et responsables des centres de formation de mieux maîtriser la terminologie et les évolutions du football moderne. Il plaide surtout pour des sessions plus longues et régulières.

Vous venez de participer à cette formation, organisée par l'AJSCI sur les systèmes de jeux . Quelle impression en tirez-vous ?

Franchement, c’est un stage qu’il faut renouveler. Ce genre de formation donne beaucoup de visibilité aux journalistes, mais aussi aux responsables des centres de formation et aux dirigeants de la Fédération. Surtout, cela permet à tous ces acteurs d’avoir davantage d’outils pour faire correctement leur travail. Même lorsqu’on est entraîneur et qu’on pense connaître son domaine, on apprend toujours quelque chose.

Qu’est-ce que vous retenez particulièrement de cette session ?

Ce que je retiens surtout, c’est la terminologie, le lexique du football. Chaque domaine a son vocabulaire. Dans les stages, on entend certains termes, on les note et on apprend à les utiliser correctement. Par exemple, il y a des actions que nous avions tendance à appeler « centre » ou « retrait », alors que ce sont deux choses différentes. On nous a expliqué les nuances entre ces différentes actions, notamment les centres et les retraits au sol ou aériens, ainsi que leurs trajectoires. C’est important parce que, parfois, même lorsqu’on pense bien maîtriser le sujet, on peut utiliser un mauvais terme.

On nous a également expliqué certaines notions tactiques, notamment le soutien et d’autres principes du jeu. J’ai vraiment apprécié cette partie de la formation.

Vous estimez donc que ce type de formation doit être régulièrement organisé ?

Absolument. J’ai même demandé qu’on renouvelle ce genre de séminaire. On ne peut pas commencer à 8 heures et terminer à 18 heures en pensant avoir tout assimilé en une seule journée. Il faudrait prévoir deux ou trois jours. Cela permettrait aux participants d’être beaucoup mieux outillés pour leur travail.

Vous avez une longue expérience dans le football. Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

J’ai commencé à travailler dans le football depuis 1980. Après avoir arrêté de jouer, à la suite d’un accident, j’ai commencé à m’investir davantage dans l’encadrement.

J’ai notamment travaillé avec Wolé Basile jusqu’en 1998. Ensuite, Cyril Domoraud m’a sollicité pour aller mettre en place son  centre de formation. J’ai poursuivi mon parcours dans différents clubs et structures. Notamment Sol FC, le Stella qui était en deuxième Division que j'ai fait monter. 

Après cela, je suis parti à l’étranger. Les dirigeants des Buffles du Borgou du Bénin sont venus me chercher. Où j'ai joué les interclubs de la CAF. J'ai été deux fois vice-champion. Après, le président de la Fédération m'a confié trois de ces équipes où j'étais directeur sportif. 

J’ai également travaillé avec des équipes qui évoluaient en deuxième division et contribué à leur progression. J’ai connu plusieurs expériences, parfois avec des malentendus avec certains dirigeants, mais j’ai toujours continué à avancer.

J’ai aussi travaillé avec la JSO. C’était un petit club, mais il y avait un véritable projet. Lors de la deuxième année, l’équipe était presque sur le podium. Malheureusement, il y a ensuite eu un problème entre la Ligue et le club, qui a été rétrogradé en troisième division.

Je viens notamment de terminer une expérience en Guinée Équatoriale et j’ai également eu des contacts en Sierra Leone avec un club engagé dans les compétitions de la CAF. Aujourd’hui, plusieurs portes sont ouvertes. Il y a notamment une possibilité d’aller au Congo. Mais, si Dieu le permet, j’aimerais aussi continuer à travailler en Côte d’Ivoire. C’est mon pays et j’ai envie d’y rester. Mais il faut reconnaître que c’est compliqué.

Que pensez-vous du retour d’Hervé Renard à la tête des Éléphants ?

Nous sommes tous contents de son retour. Nous souhaitons que Dieu lui donne la chance de réussir et, pourquoi pas, de remporter encore une Coupe d’Afrique avec la Côte d’Ivoire.

Mais il faut aussi que les dirigeants et les présidents de clubs comprennent la réalité du métier d’entraîneur. La vie d’un entraîneur n’est jamais simple. On vous confie une équipe, vous devez travailler avec les moyens et les joueurs qui sont à votre disposition.

Les dirigeants ont beaucoup travaillé et ils ont fait énormément de choses. Mais il y a parfois de petits détails qui peuvent créer des incompréhensions entre les différentes parties. Pour Hervé Renard, je pense qu’il faut lui donner le temps de travailler. Il vient d’arriver et il doit progressivement mettre en place ses idées.

Les Éléphants vont bientôt disputer deux matches éliminatoires. Quel regard portez-vous sur cette nouvelle équipe ?

Je lui souhaite vraiment bonne chance. Mais, pour être honnête, j’ai un peu peur. Hervé Renard est un spécialiste dans son domaine. Cependant, il ne doit peut-être pas tout changer d’un seul coup. Il faut avancer progressivement, observer les joueurs et apporter les changements nécessaires au fur et à mesure. Les jeunes qu’il a choisis sont de bons joueurs. Je les ai vus se battre et pratiquer un football intéressant.

S’ils arrivent à mettre en pratique les conseils tactiques de Hervé Renard, je pense que cela peut marcher. C’est justement à ce niveau que j’ai quelques inquiétudes. Mais nous allons rester en contact et suivre l’évolution de l’équipe.

Entretien réalisé par Francis Aquey

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