À l’issue de la première édition du championnat d’Afrique de Mixed Martial Arts (MMA), organisée du 13 au 15 octobre 2026 au Palais des Sports de Treichville, à Abidjan, Jackson Tapé, président de la Fédération ivoirienne de MMA (FIAMM), dresse un bilan satisfaisant de la compétition. Élu à la tête de la Confédération africaine de MMA en marge de cet événement, il dévoile également ses ambitions pour le développement de la discipline sur le continent.
Président, le championnat d’Afrique de MMA vient de s’achever après trois jours de compétition. Quelle est votre impression générale ?
Ça a été une très belle fête. Pour une première édition en Afrique, organisée en Côte d’Ivoire, c’est magnifique. Pour moi, c’est une très belle réussite. Je ne peux que féliciter toute l’équipe d’organisation, les participants, les vainqueurs, les différentes délégations ainsi que tous les invités qui ont répondu présents.
En marge de cette compétition, vous avez été élu président de la Confédération africaine de MMA. Comment accueillez-vous cette élection ?
C’est un honneur. D’ailleurs, cette élection a été une surprise pour moi, parce que je n’avais pas vraiment l’intention de briguer ce poste. C’est un confrère qui a proposé ma candidature et qui m’a, en quelque sorte, poussé à accepter.
Le vote s’est très bien déroulé. Je n’ai donc plus qu’à assumer cette responsabilité et à me souhaiter bonne chance pour ce nouveau mandat que mes pairs m’ont confié, avec le soutien de la Fédération internationale de MMA.
Combien de pays ont finalement pris part à ce championnat et quel est le bilan au classement des médailles ?
Nous avons enregistré la participation de 19 pays. Au départ, ils étaient 20, mais une délégation a dû déclarer forfait en raison de problèmes de visa. Au classement des médailles d’or, l’Algérie arrive en tête, suivie de la Côte d’Ivoire. Nous sommes donc très satisfaits de la performance de nos athlètes.
Êtes-vous satisfait des résultats obtenus par les combattants ivoiriens ?
Oui, nous avons beaucoup de raisons d’être satisfaits. Pour cette première édition du championnat d’Afrique, nos athlètes, qui étaient déjà champions au niveau national, ont réussi à s’imposer sur la scène continentale. Aujourd’hui, ils sont champions d’Afrique. C’est magnifique pour une première participation à une telle compétition. Nous avons remporté plusieurs médailles d’or, d’argent et de bronze. Pour moi, c’est une véritable satisfaction et une récompense pour le travail accompli.
Quel sera le prochain rendez-vous pour les athlètes ivoiriens ?
Le prochain grand rendez-vous est le championnat du monde, prévu du 18 au 28 décembre 2026 à Antalya, en Turquie.
Nous allons reprendre le travail avec nos athlètes afin de les perfectionner. Cette compétition africaine nous a permis d’identifier certaines lacunes. Nous allons donc travailler à les corriger, renforcer leurs capacités et mieux les préparer pour qu’ils puissent défendre dignement les couleurs de la Côte d’Ivoire sur la scène mondiale.
Vous venez d’être élu à la tête de la Confédération africaine de MMA. Cette structure vient-elle d’être créée ?
Non, la Confédération existait déjà. Elle était dirigée par un autre président, de nationalité égyptienne. Il s’agit donc d’un changement à la tête de l’institution, avec une nouvelle élection organisée dans le but d’accélérer les choses.
Quelles sont vos priorités pour les quatre prochaines années à la tête de la Confédération africaine de MMA ?
Ma première priorité est de pérenniser le championnat d’Afrique. Jusqu’à présent, cette compétition n’avait pas pu être organisée. Je ne veux pas porter de jugement sur la gestion précédente, car je ne connais pas toutes les raisons qui ont empêché sa tenue.
Ce qui est important, c’est que cette première édition a pu se réaliser, alors même que nous n’avions reçu la confirmation de son organisation qu’environ un mois et demi auparavant. Avec mes confrères, nous nous sommes fortement mobilisés pour que ce championnat voie le jour.
Nous avons estimé qu’il n’était pas normal que l’Amérique, l’Europe et l’Asie disposent de leurs propres championnats sans que l’Afrique ait le sien. Nous avons donc insisté auprès de la Fédération internationale pour obtenir cette compétition, au point d’envisager de quitter l’instance si notre demande n’était pas satisfaite. Finalement, nous avons obtenu gain de cause.
Mon ambition est désormais de faire de ce championnat un rendez-vous régulier. La prochaine édition devrait se tenir dans un autre pays africain, afin de permettre à d’autres nations d’accueillir la compétition. Nous avons également l’Africa Open de MMA. Cela nous donne deux compétitions continentales annuelles, auxquelles s’ajoute le championnat du monde.
Au-delà de l’organisation des compétitions, quels autres chantiers comptez-vous ouvrir ?
Un autre chantier majeur concerne l’arbitrage. Nous avons encore d’importantes difficultés dans ce domaine en Afrique. Il faudra donc renforcer la formation des arbitres, améliorer leur niveau et harmoniser les pratiques afin de garantir des compétitions plus équitables.
La Côte d’Ivoire dispose déjà d’une expérience que nous pouvons partager avec les autres pays. Nous voulons exporter notre savoir-faire, aussi bien en matière d’arbitrage que d’organisation des compétitions.
Vous avez pu constater la présence de nombreux présidents de fédérations nationales lors de ce championnat. Leur participation témoigne également de l’intérêt porté à l’expérience ivoirienne. Ils sont venus découvrir notre organisation, s’inspirer de nos méthodes et acquérir des connaissances qu’ils pourront ensuite mettre en pratique dans leurs pays respectifs.
Voilà, dans les grandes lignes, les principaux axes de mon mandat : pérenniser les compétitions africaines, améliorer l’arbitrage et renforcer les capacités organisationnelles des fédérations nationales.
Merci, Monsieur le Président, et plein succès dans vos nouvelles fonctions.
Merci à vous.
Entretien réalisé par Francis Aquey


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