Doué Christophe est le président de la Fédération ivoirienne de Gymnastiques. Dans cet entretien, il parle de cette discipline, ses difficultés et rebondit sur les crises dans les fédérations sportives.
Depuis
quand êtes-vous président de la Fédération ivoirienne de Gymnastique ?
Ancien
athlète, Président de l'Amicale de Clubs Gymnastiques de Côte d'Ivoire. Depuis
juillet 2022, je suis élu à la tête de la Fédération Ivoirienne des
Gymnastiques.
La
gymnastique c'est quoi ?
La
gymnastique c'est une discipline olympique. L'une des premières disciplines depuis la
création des Olympiades. Nous sommes
aujourd'hui une fédération qui a été créée depuis 1989. Nous sommes dans le
milieu sportif et nous avons en notre sein 8 disciplines olympiques.
Pouvons-nous
en savoir plus sur ces 8 disciplines ?
Les
8 disciplines olympiques, je pourrais parler de la gymnastique artistique
masculine, la gymnastique artistique féminine et on a le tumbling, il y a
l'aérobic, il y a l'acrogym, il y a l'aérobic, il y a la gymnastique pour tous
et il y a le parcours.
La
Fédération ivoirienne de Gymnastique existe depuis combien de temps en Côte
d’Ivoire ?
Oui,
nous existons en Côte d’Ivoire depuis 1989. On va parler de 36 ans.
Depuis
1989 ? Pourtant les Ivoiriens ne sentent pas votre présence en Côte
d'Ivoire. Qu’est-ce qui explique cela ?
Par
le passé, on ne nous sentait pas. Mais par le passé aussi, la gymnastique a eu
son temps de gloire de 1990 à 1994. Vous voyez qu'il y avait l'ancien président
sous son règne de M. Tahir Henri, qui est encore vivant, qui est aujourd'hui le
Conseiller du président que je suis. Il a conduit la Côte d'Ivoire à un certain
niveau, au plan continental. Grâce à lui, la Côte d'Ivoire a pu être médaillée
d'or lors des premiers Jeux africains en Algérie avec M. Alabé Laurent, qu'on
appelle l'Américain, qui est aujourd'hui vivant et qui est l'entraîneur
national de table masculine des gymnastiques.
Après ça, vous savez que nos faitières ont souvent des difficultés de
fonctionnement ou des difficultés de personnes. Le conflit qui a eu lieu, a
causé un temps mort, pratiquement. Jusqu’en 2016 avec l'arrivée de Mme Wolbert,
qui a tenté vraiment de tirer son épingle du jeu, mais bon, en vain. Aujourd'hui,
nous sommes arrivés en 2022 et je pense qu'on a l'écho un peu favorable de
notre fédération. Nous ne sommes pas silencieux.
Pouvez-vous
nous parler de votre bilan depuis que vous êtes à la tête de cette
fédération ?
On
a des réalisations, on a fait vraiment de notre présence un objectif majeur. Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire a été
représenté, depuis 2022 jusqu'à nos jours, sur l'échiquier international, dans
des compétitions internationales au moins six fois. On a été en Grèce, on a été en Italie, on a
été en Géorgie. Aujourd'hui, grâce à Ossonou Marilis Anaïs, une rythmiqueuse,
qui est une discipline de la gymnastique, a pu décrocher sa qualification pour
la Coupe du Monde en Italie, qui va se tenir dans du 8 au 13 juillet 2026. Et
elle a pu aussi décrocher sa qualification pour le Championnat du Monde en
Allemagne, qui est sa deuxième qualification avec la rotation coupe. Nous existons,
peut-être que médiatiquement on n’est pas présent. Je pense qu'avec mon
avènement, aujourd'hui, beaucoup de choses ont changé. On est sur l’échiquier
national et international. Donc, la
Fédération Ivoirienne des Gymnastiques existe, belle et bien. Elle respire la
pleine forme et nous sommes là.
Depuis
que vous êtes aux affaires, quelles difficultés rencontrez-vous à la tête de
cette Fédération ?
Depuis 2022, la première difficulté, c'était
la difficulté personnelle. Vous voyez, il y a une nouvelle génération que je
représente, et il y a une ancienne génération qu'on a remplacée. Et cette
ancienne génération a eu du mal à accepter son départ. Et là, donc, il y avait
des difficultés de personnes, il y avait des crocs en jambes, des comportements
malsains qui étaient là. On a essayé de
régler jusqu'à présent, nous essayons de régler. Mais nous avançons dans nos
programmes d'exécution, de notre projet de mandature. Et au-delà de ça, nous
avons des difficultés financières. La Fédération Ivoirienne de Gymnastiques a
besoin de financement. Vous voyez, notre discipline, elle est vaste. Et en
l'occurrence, nous avons besoin de financement pour avoir un hall typique et
personnel à la Fédération, pour pouvoir permettre à nos pratiquants des essais
et de se performer au plan national, et puis avoir le niveau des standards
internationaux. Donc, voilà un peu notre difficulté. Au-delà de ça, il reste à
nous maintenant de travailler et d'élaborer notre programme tel que nous
l'avions conçu.
Quel est votre avis sur les crises qui minent
les différentes fédérations sportives en Côte d’Ivoire ?
Bon,
vous voyez, toujours dans des associations, il y a toujours des crises. Mon
avis, il est juste simple. Les crises
existent parce qu'il y a des personnes qui refusent de comprendre que, à un
certain moment, ils ne sont plus productifs. Et quand il y a des personnes qui
envoient des idées nouvelles, on trouve que ces idées nouvelles-là ne sont pas
acceptables. Donc, il y a le refus de passer la main, il y a le refus
d'accepter, de laisser la chaise pour une nouvelle génération qui vient avec
une nouvelle mentalité. Il y a aussi, dans nos institutions, la méconnaissance
de nos textes. Que ce soit dans les fédérations, que ce soit au comité national
olympique, il y a la méconnaissance de nos textes. Vous voyez, une société ne
peut pas avancer sans l'application des textes qu'elle-même s’est donnée. Et
nous avons des fédérations, nous avons des présidents des fédérations ou des
membres affiliés des fédérations qui connaissent les textes, mais qui refusent
de les respecter, qui marchent là-dessus. Et voilà d'où viennent les conflits.
Si
les textes sont appliqués de façon consensuelle, normalement comme ils ont été
prescrits aux observateurs qui sont le ministère des sports, aux observateurs
qui sont le comité national olympique, qui doivent faire référence à ces textes.
Aujourd'hui aussi, nous assistons à une crise au niveau du comité national
olympique qui devrait organiser son élection depuis le 2 mai dernier. Il n'y a
pas eu d'élection parce qu'il y a juste un mépris. Ce blocage intervient justement à cause du mépris de certains présidents envers d'autres.
Il y a eu juste le non-respect des textes qui
nous a conduit aujourd'hui à une suspension d'une élection qui devrait être bel
et bien pure et simple. Donc aujourd'hui, les crises dans nos fédérations et de
nos associations sportives ne devraient pas être la mauvaise application ou la
mauvaise interprétation, du moins la non-application des textes que nous nous
sommes donnés. C'est ce qui provoque les crises.
Quel
appel souhaitez-vous à l’endroit du monde sportif pour éviter ces situations
d’imbroglio récurrents ?
Au-delà
de ça, je voudrais lancer un appel à tous les présidents, à tous les dirigeants
sportifs, à tous les membres associés, à tous les responsables sportifs, et
même au ministère des Sports et à la direction des Sports, de faire un effort
de se procurer de tous les textes de toutes les fédérations sportives pour que
demain, lorsqu'il y a une crise, ils diront ce que disent les textes et ils
seront orientés en fonction des textes pour qu'eux aussi, à l'instant, il n'y
ait pas trop de difficultés pour pouvoir régler cette crise. Il y a des articles qui disent clairement que
dans les fédérations, lorsqu'il y a une commission chargée de règlement d'un
conflit, tous les membres affiliés doivent se référer à celle-ci. Mais on ne
comprend pas très souvent. Certaines personnes, par devant, laissent ces
articles-là. Et puis, dès qu'il y a un mouvement d'humeurs laissent le
président qui est élu et on va chercher d'autres artifices ailleurs pour venir
en plus comme un défenseur. Or, en réalité, les textes ne le disent pas. Donc,
le respect des textes doit vraiment primer sur toutes nos institutions pour que
la paix revienne, effectivement, au bénéfice, pas du dirigeant, mais au
bénéfice des athlètes que nous formons, qui représentent dignement notre nation
en dehors de la Côte d'Ivoire, sur l'échiquier africain et sur l'échiquier
international. Merci beaucoup.
Interview
réalisée par Francis Aquey


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