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Interview / Doué Christophe, Président de la FIGym : « Les élections sont bloquées au CNO à cause du mépris… »

Publié le Jeu 14 Mai 2026 | Modifié le Jeu 14 Mai 2026 | 13 Vue(s) | [11 interviews]

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Le président de la FIGym décrie la méconnaissance des textes et le refus de passer la main.

Doué Christophe est le président de la Fédération ivoirienne de Gymnastiques. Dans cet entretien, il parle de cette discipline, ses difficultés et rebondit sur les crises dans les fédérations sportives.

Depuis quand êtes-vous président de la Fédération ivoirienne de Gymnastique ?

Ancien athlète, Président de l'Amicale de Clubs Gymnastiques de Côte d'Ivoire. Depuis juillet 2022, je suis élu à la tête de la Fédération Ivoirienne des Gymnastiques.

La gymnastique c'est quoi ?

La gymnastique c'est une discipline olympique.  L'une des premières disciplines depuis la création des Olympiades.  Nous sommes aujourd'hui une fédération qui a été créée depuis 1989. Nous sommes dans le milieu sportif et nous avons en notre sein 8 disciplines olympiques.

Pouvons-nous en savoir plus sur ces 8 disciplines ?

Les 8 disciplines olympiques, je pourrais parler de la gymnastique artistique masculine, la gymnastique artistique féminine et on a le tumbling, il y a l'aérobic, il y a l'acrogym, il y a l'aérobic, il y a la gymnastique pour tous et il y a le parcours.  

 

La Fédération ivoirienne de Gymnastique existe depuis combien de temps en Côte d’Ivoire ?

Oui, nous existons en Côte d’Ivoire depuis 1989. On va parler de 36 ans.

 

Depuis 1989 ? Pourtant les Ivoiriens ne sentent pas votre présence en Côte d'Ivoire. Qu’est-ce qui explique cela ?

Par le passé, on ne nous sentait pas. Mais par le passé aussi, la gymnastique a eu son temps de gloire de 1990 à 1994. Vous voyez qu'il y avait l'ancien président sous son règne de M. Tahir Henri, qui est encore vivant, qui est aujourd'hui le Conseiller du président que je suis. Il a conduit la Côte d'Ivoire à un certain niveau, au plan continental. Grâce à lui, la Côte d'Ivoire a pu être médaillée d'or lors des premiers Jeux africains en Algérie avec M. Alabé Laurent, qu'on appelle l'Américain, qui est aujourd'hui vivant et qui est l'entraîneur national de table masculine des gymnastiques.  Après ça, vous savez que nos faitières ont souvent des difficultés de fonctionnement ou des difficultés de personnes. Le conflit qui a eu lieu, a causé un temps mort, pratiquement. Jusqu’en 2016 avec l'arrivée de Mme Wolbert, qui a tenté vraiment de tirer son épingle du jeu, mais bon, en vain. Aujourd'hui, nous sommes arrivés en 2022 et je pense qu'on a l'écho un peu favorable de notre fédération. Nous ne sommes pas silencieux.

Pouvez-vous nous parler de votre bilan depuis que vous êtes à la tête de cette fédération ?

On a des réalisations, on a fait vraiment de notre présence un objectif majeur.  Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire a été représenté, depuis 2022 jusqu'à nos jours, sur l'échiquier international, dans des compétitions internationales au moins six fois.  On a été en Grèce, on a été en Italie, on a été en Géorgie. Aujourd'hui, grâce à Ossonou Marilis Anaïs, une rythmiqueuse, qui est une discipline de la gymnastique, a pu décrocher sa qualification pour la Coupe du Monde en Italie, qui va se tenir dans du 8 au 13 juillet 2026. Et elle a pu aussi décrocher sa qualification pour le Championnat du Monde en Allemagne, qui est sa deuxième qualification avec la rotation coupe. Nous existons, peut-être que médiatiquement on n’est pas présent. Je pense qu'avec mon avènement, aujourd'hui, beaucoup de choses ont changé. On est sur l’échiquier national et international.  Donc, la Fédération Ivoirienne des Gymnastiques existe, belle et bien. Elle respire la pleine forme et nous sommes là.

 

Depuis que vous êtes aux affaires, quelles difficultés rencontrez-vous à la tête de cette Fédération ?

 Depuis 2022, la première difficulté, c'était la difficulté personnelle. Vous voyez, il y a une nouvelle génération que je représente, et il y a une ancienne génération qu'on a remplacée. Et cette ancienne génération a eu du mal à accepter son départ. Et là, donc, il y avait des difficultés de personnes, il y avait des crocs en jambes, des comportements malsains qui étaient là.  On a essayé de régler jusqu'à présent, nous essayons de régler. Mais nous avançons dans nos programmes d'exécution, de notre projet de mandature. Et au-delà de ça, nous avons des difficultés financières. La Fédération Ivoirienne de Gymnastiques a besoin de financement. Vous voyez, notre discipline, elle est vaste. Et en l'occurrence, nous avons besoin de financement pour avoir un hall typique et personnel à la Fédération, pour pouvoir permettre à nos pratiquants des essais et de se performer au plan national, et puis avoir le niveau des standards internationaux. Donc, voilà un peu notre difficulté. Au-delà de ça, il reste à nous maintenant de travailler et d'élaborer notre programme tel que nous l'avions conçu.

 Quel est votre avis sur les crises qui minent les différentes fédérations sportives en Côte d’Ivoire ?

Bon, vous voyez, toujours dans des associations, il y a toujours des crises. Mon avis, il est juste simple.  Les crises existent parce qu'il y a des personnes qui refusent de comprendre que, à un certain moment, ils ne sont plus productifs. Et quand il y a des personnes qui envoient des idées nouvelles, on trouve que ces idées nouvelles-là ne sont pas acceptables. Donc, il y a le refus de passer la main, il y a le refus d'accepter, de laisser la chaise pour une nouvelle génération qui vient avec une nouvelle mentalité. Il y a aussi, dans nos institutions, la méconnaissance de nos textes. Que ce soit dans les fédérations, que ce soit au comité national olympique, il y a la méconnaissance de nos textes. Vous voyez, une société ne peut pas avancer sans l'application des textes qu'elle-même s’est donnée. Et nous avons des fédérations, nous avons des présidents des fédérations ou des membres affiliés des fédérations qui connaissent les textes, mais qui refusent de les respecter, qui marchent là-dessus. Et voilà d'où viennent les conflits.

Si les textes sont appliqués de façon consensuelle, normalement comme ils ont été prescrits aux observateurs qui sont le ministère des sports, aux observateurs qui sont le comité national olympique, qui doivent faire référence à ces textes. Aujourd'hui aussi, nous assistons à une crise au niveau du comité national olympique qui devrait organiser son élection depuis le 2 mai dernier. Il n'y a pas eu d'élection parce qu'il y a juste un mépris. Ce blocage intervient justement à cause du mépris de certains présidents envers d'autres.

 Il y a eu juste le non-respect des textes qui nous a conduit aujourd'hui à une suspension d'une élection qui devrait être bel et bien pure et simple. Donc aujourd'hui, les crises dans nos fédérations et de nos associations sportives ne devraient pas être la mauvaise application ou la mauvaise interprétation, du moins la non-application des textes que nous nous sommes donnés. C'est ce qui provoque les crises.

Quel appel souhaitez-vous à l’endroit du monde sportif pour éviter ces situations d’imbroglio récurrents ?

Au-delà de ça, je voudrais lancer un appel à tous les présidents, à tous les dirigeants sportifs, à tous les membres associés, à tous les responsables sportifs, et même au ministère des Sports et à la direction des Sports, de faire un effort de se procurer de tous les textes de toutes les fédérations sportives pour que demain, lorsqu'il y a une crise, ils diront ce que disent les textes et ils seront orientés en fonction des textes pour qu'eux aussi, à l'instant, il n'y ait pas trop de difficultés pour pouvoir régler cette crise.  Il y a des articles qui disent clairement que dans les fédérations, lorsqu'il y a une commission chargée de règlement d'un conflit, tous les membres affiliés doivent se référer à celle-ci. Mais on ne comprend pas très souvent. Certaines personnes, par devant, laissent ces articles-là. Et puis, dès qu'il y a un mouvement d'humeurs laissent le président qui est élu et on va chercher d'autres artifices ailleurs pour venir en plus comme un défenseur. Or, en réalité, les textes ne le disent pas. Donc, le respect des textes doit vraiment primer sur toutes nos institutions pour que la paix revienne, effectivement, au bénéfice, pas du dirigeant, mais au bénéfice des athlètes que nous formons, qui représentent dignement notre nation en dehors de la Côte d'Ivoire, sur l'échiquier africain et sur l'échiquier international. Merci beaucoup.

Interview réalisée par Francis Aquey 

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