Jean Claude BLÉHOUIN est spécialiste du football et de l’analyse technico-tactique. Il est également formateur en football. Selon lui, pour avoir un footballeur moderne, performant et dynamique en Afrique, il faut former les joueurs et organiser les clubs.
La Côte d’Ivoire dispose de talents certains dans les pays européens, mais notre championnat national reste faible. Est-ce un frein pour notre football ?
Effectivement, notre pays a des talents. La faiblesse du
championnat découle du fait que les clubs ne sont pas structurés. Aujourd’hui,
Il faut former et organiser les clubs. Si nos clubs ne travaillent pas avec des
objectifs, une politique pensée, dans 3 ans voire 5 ans, il serait difficile
que notre championnat soit efficace.
Quelle est la différence entre le football pratiqué en Europe
et celui de l’Afrique, particulièrement la Côte d’Ivoire ?
La différence se situe au niveau de l’organisation des clubs.
On ne peut pas vouloir avoir un championnat de premier plan si les clubs n’ont
pas ce minimum d’organisation. Si ceux-ci ne travaillent pas avec un projet et
un directeur technique pour penser toutes les orientations techniques des
clubs. C’est une question de fond. L’ASEC qu’on cite, travaille déjà avec cet
outil-là. Pourquoi ne pas l’étendre aux autres clubs pour que ce travail
bénéficie à l’ensemble de notre football ? Un championnat comme celui de
l’Europe, a besoin de beaucoup de choses.
Les nombreux départs en Europe par les jeunes joueurs
peuvent-il être présentés comme des fuites de talents ?
Pas seulement des fuites de talents. Sûrement, ils vont à la recherche du
bien-être sportif. L’autre côté de la maille est que cette fuite appauvrie
notre championnat en talents de qualité. Mais il faut que ces jeunes sortent du
pays dans de bonnes conditions, ce qui va nécessiter l’organisation des clubs
et donc, des championnats. Vouloir aller chez les riches, va perdurer. Créons
donc toutes les conditions ici pour qu’il y ait moins de départs. Ces
conditions, on les connaît tous.
Est-ce vraiment dommageable pour le football national ?
C’est vraiment dommageable. Je le vois en Europe. Je suis
dans le football européen. Je vois beaucoup de jeunes. Ils ne savent pas que
même pour s’entraîner dans un club, il te faut une licence ! Ce qui est
intéressant, c’est que beaucoup comprennent le désastre de leur volonté de
partir. Je ne m’attarderais pas sur ce point parce que ça fait mal de voir nos
enfants livrés à eux-mêmes en Europe. Passons !
Quel est votre regard sur le championnat national, le
football ivoirien ?
Mon regard ? Je suis à Abidjan pour des objectifs précis. Je
n’ai pas vu de matchs de championnat. Ce que je peux dire, c’est qu’il en
existe. En ce qui concerne son organisation et le déroulé des matchs, je ne
sais ce qu’il en est. Donc, je ne peux pas porter de jugement.
La Côte d’Ivoire vient de changer d’entraîneur. Cela peut-il
lui donner plus de chance de gagner ?
J’avais accordé une interview à une télé de grande audience
en France avant ma venue à Abidjan. J’y avais indiqué que si les décideurs de
notre football jugeaient utile un changement, ce sont eux qui apprécieraient.
Comment voient-ils l’avenir de notre sélection ? Alors, ils décident.
Les éléphants de Côte d’Ivoire sont en compétition pour la
CAN 2027. Est-ce que cette équipe du coach Hervé Renard est capable de se
qualifier ?
Se qualifier est une obligation pour le football ivoirien. Si
on veut la locomotive de ce sport aussi dans la sous-région. Nous devons être à
ces grands rendez-vous. Du côté de la FIF, le sélectionneur a reçu une feuille
de route pour atteindre cet objectif.
Entretien réalisé par Francis Aquey


Veuillez laisser un commentaire