image
Chargement...
Publicité
Pub

Libertés en Afrique: Sidi Touré ouvre le front des idées !

Publié le Jeu 03 Septembre 2026 | Modifié le Jeu 03 Septembre 2026 | 31 Vue(s) | [322 politique]

Accueil | politique | article-libertes-en-...


« Le 21ᵉ siècle sera africain… et surtout un siècle de liberté »

Et si l’Afrique cessait de regarder la liberté comme une valeur importée pour enfin la revendiquer comme un héritage à construire et à protéger ? C’est tout l’enjeu des « Rencontres africaines de la liberté », initiées par Audace Institut Afrique, en partenariat avec Atlas Network, la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté et le Centre de recherche et d’action pour la paix (CERAP).

Réunis à Cocody-Riviera 4, responsables politiques, intellectuels, chercheurs, acteurs de la société civile et jeunes ont ouvert un vaste débat autour d’une question centrale : « Pourquoi la liberté est-elle un enjeu majeur pour l’Afrique du XXIᵉ siècle ? »

Pour lancer les échanges, le ministre ivoirien des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, vice-président de l’Internationale libérale, a livré un plaidoyer assumé en faveur d’une liberté enracinée dans les réalités africaines. Pour le ministre, le débat doit d’abord sortir des caricatures. La liberté, explique-t-il, n’est ni « une valeur de luxe » ni un concept importé d’ailleurs. Elle existe déjà dans les pratiques sociales africaines. Il cite notamment les tontines, fondées sur la confiance, l’honneur, le dialogue et la consultation. « La liberté n'est pas étrangère à l'Afrique. C'est surtout la confiscation de la liberté qui lui est étrangère. » Au cœur du plaidoyer de Sidi Touré, une donnée démographique : l’âge médian de l’Afrique tourne autour de 19 ans. En Côte d’Ivoire, rappelle-t-il, environ trois quarts de la population ont moins de 35 ans.


Pour lui, cette jeunesse constitue la plus grande réserve de talents, d’énergie et d’audace dont dispose aujourd’hui le continent. Mais cette force démographique ne pourra devenir un véritable moteur de transformation que si les jeunes disposent des espaces nécessaires pour entreprendre, créer, s’exprimer et participer à la vie publique. « Une jeunesse à qui l’on ferme les portes n’est qu’une promesse », a-t-il martelé. Le vice-président de l’Internationale libérale refuse également de dissocier liberté politique et liberté économique. Pour illustrer son propos, il évoque les grandes phases de transformation économique mondiale, de la révolution industrielle européenne au XVIIIᵉ siècle au développement spectaculaire de l’Asie contemporaine. « La liberté économique et la liberté politique ne sont pas deux sujets séparés. Ce sont les deux jambes d’un même corps. » D’où sa conviction : le XXIᵉ siècle appartient à l’Afrique, à condition que le continent assume pleinement la liberté comme moteur de son développement.

Sous Ouattara, la Côte d’Ivoire comme modèle revendiqué

Dans son intervention, Sidi Touré a également défendu le bilan économique de la Côte d’Ivoire sous la gouvernance d’Alassane Ouattara. Selon lui, la dynamique économique enregistrée par le pays n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence d’un choix assumé en faveur de la liberté économique et de la prospérité partagée. « Si la Côte d'Ivoire finit aujourd'hui parmi les économies les plus dynamiques du continent, ce n'est pas le fruit du hasard », a-t-il soutenu, rappelant également son propre parcours au sein de la famille libérale internationale. Mais au-delà de la performance économique, le ministre met en garde contre le retour des régimes qui, au nom de l’ordre, finissent par restreindre les libertés.

L’une des formules fortes de son intervention restera sans doute celle-ci : « Être libéral, pour ce qui nous concerne, ce n'est pas réclamer le droit de faire n'importe quoi, c'est réclamer le droit de faire et d'accepter d'en répondre. » Sidi Touré associe ainsi liberté et responsabilité, tout en ajoutant une troisième dimension : la solidarité. Pour lui, opposer initiative individuelle et entraide collective relève d’un « faux dilemme ». L’Afrique doit plutôt rechercher un équilibre entre liberté d’entreprendre, responsabilité individuelle et solidarité sociale. « N’attendez pas qu’on vous donne la permission d’être libres » Le ministre s’est ensuite directement adressé à la jeunesse africaine. Créer une entreprise, publier un article, défendre une idée, fonder une association, participer à un scrutin ou encore utiliser les réseaux sociaux de manière responsable : autant d’actes qui, selon lui, participent à la construction quotidienne de la liberté. « On ne vous demandera jamais la permission d'être libres. Alors, ne l'attendez pas. »


Pour Sidi Touré, la liberté ne se décrète donc pas uniquement depuis les institutions. Elle se construit à la base, dans les actes quotidiens des citoyens.

À l’initiative de cette journée de réflexion, Gisèle Dutheuil, directrice d’Audace Institut Afrique, a insisté sur la nécessité de sortir des oppositions idéologiques. La liberté, estime-t-elle, est trop importante pour être réduite à l’individualisme, à l’égoïsme ou à la loi du plus fort.

Elle appelle donc à revenir aux libertés humaines, afin de mieux comprendre ce que recouvre réellement cette notion et d’éviter d’en faire une caricature. « Il faudrait réinventer un modèle », entend-on souvent. Pour Audace Institut Afrique, le véritable défi consiste d’abord à réinterroger les modèles existants à partir des réalités africaines. 

De son côté, Bénédicte Koffi, chargée de programmes à la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, a présenté l’action de cette organisation engagée depuis plus de six décennies dans la promotion des valeurs libérales à travers le monde et en Afrique. Plusieurs panels ont ensuite permis aux participants de confronter leurs expériences et leurs visions. Parmi les intervenants figurait notamment le Pr Pierre Garello, enseignant à l’Université d’Aix-Marseille, en France. Au terme de cette première journée, une ambition se dessine : faire d’Abidjan un véritable carrefour africain de réflexion sur la liberté, la responsabilité et le développement.

Francis Aquey, Sercom 

Veuillez laisser un commentaire


OM ALERTE
** www.opinionmedia.ci- Edité par la Société : AURORE COMMUNICATION ET SERVICES (ACS) Sarl : Capital 1.000.000FCFA/ RCCM : CI-ABJ-03-2025-B13-05502/ NCC: 2503580B/ IDU : CI-2025-0033806 G ** ** Pour toutes vos annonces, communiqués, publicités, reportages, nous joindre au 05 64 66 85 85 Appel et Whatsapp! **
// //