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Elélection à la FIF/ Cissé Souleymane, Pdt RCA: " Pourquoi j'ai renoncé à ma candidature..."

Publié le Lun 17 Août 2026 | 30 Vue(s) | [38 coup-de-gueule]

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Cissé Souleymane

Candidat déclaré pour la présidence de la Fédération ivoirienne de football depuis février 2026, le président du Racing Club d'Abidjan n'a finalement pas candidaté. Dans cette déclaration empreinte d'amertume et de déception, il explique en long et en large pourquoi il n'a pas franchi le pas.

COMMUNIQUE - DÉCLARATION À LA FAMILLE DU FOOTBALL IVOIRIEN

 

À mes chers présidents de clubs, dirigeants, éducateurs, anciens joueurs, joueurs, arbitres, supporters, partenaires, journalistes, et à toutes celles et tous ceux qui font vivre et aimer le football ivoirien. 

Depuis l’annonce de ma candidature à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football, nombre d’entre vous m’ont accompagné, encouragé, interrogé et confié leurs espoirs. À toutes celles et tous ceux qui ont cru en cette démarche, je dois aujourd’hui une explication sincère, respectueuse et digne du football que nous aimons. 

Après mûre réflexion, j’ai pris la décision de ne pas déposer ma candidature à l’élection à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football. Cette décision est personnelle, réfléchie et pleinement assumée. Elle peut surprendre, voire décevoir. Je l’assume avec sérénité, convaincu qu’il est parfois plus important de servir l’essentiel que de s’attacher à une échéance. Renoncer à une candidature n’est pas renoncer à un combat. 

Ma candidature n’a jamais été une fin en soi. Elle n’était qu’un moyen au service d’une ambition plus grande : contribuer à construire le football ivoirien que nous méritons. 

Depuis plus de 4 décennies, j’ai consacré une part essentielle de ma vie à ce sport. Joueur professionnel formé notamment à Auxerre et à Nancy, j’ai poursuivi ma carrière au Portugal puis en Allemagne et porté le maillot de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire. Une grave blessure a brutalement interrompu ma carrière ; elle n’a pas interrompu ma vocation. 

Je me suis alors formé pour devenir entraîneur, dirigeant et directeur sportif. Après plusieurs expériences en Europe, notamment à Monaco, Bordeaux et Lausanne, j’ai choisi de répondre à l’appel de la Côte d’Ivoire, convaincu que chacun doit, à son niveau, contribuer à bâtir son pays. 

C’est dans cet esprit que j’ai créé le Racing Club d’Abidjan, qui a produit et continue de produire et fournir à la Côte d’Ivoire des joueurs ivoiriens ayant porté le maillot de l’équipe nationale.

 Avec ce club, nous avons connu le travail, l’ambition et la victoire : un titre de champion de Côte d’Ivoire et une Coupe nationale. Nous connaissons aujourd’hui l’épreuve de la relégation en deuxième division. Je l’assume comme j’ai assumé les succès. 

J’aurais pu me retirer lorsque les choses sont devenues difficiles. Je ne l’ai pas fait. Je ne crois pas qu’un homme puisse consacrer pendant une décennie autant de temps, d’énergie, de sacrifices et de moyens — près de 500 millions de francs CFA par an étant nécessaires pour faire décemment vivre un club de Ligue 1 — et davantage à un projet pour ensuite tout abandonner parce qu’une élection lui échappe. Je ne crois pas qu’un tel homme soit fou. Je crois qu’il est profondément attaché au football. 

Cette expérience m’a conduit à porter un projet pour notre football, consigné dans mon livre Le foot que nous méritons. Ce titre n’est pas un slogan. C’est une exigence. 

Notre football mérite des clubs solides, une formation ambitieuse, de meilleures perspectives pour nos jeunes, un véritable développement du football féminin et des conditions plus dignes pour ses acteurs. 

Nos Éléphants sont notre fierté. Mais l’excellence de notre football ne peut reposer sur la seule équipe nationale. Elle doit s’enraciner dans des clubs forts, une formation performante et une politique de développement local et de masse (que différemment des autres, je suis le premier et seul à revendiquer), à la hauteur de nos ambitions. 

La grandeur d’un football ne se mesure pas seulement aux trophées de son équipe nationale, mais à sa capacité à préparer l’avenir, à développer le football local et de masse et à offrir à chaque jeune la possibilité de s’épanouir grâce au sport. 

C’est cette vision qui m’a conduit à m’engager. Elle demeure intacte. Notre ambition n’était pas seulement de proposer une alternance. Elle était de porter et de faire évoluer une méthode, une organisation et une vision. 

Aucune négociation n’a été engagée avec qui que ce soit concernant un éventuel poste à la Fédération. 

Je ne me suis entretenu avec personne pour discuter d’un quelconque retrait. Je n’ai échangé avec aucun des deux (2) candidats concernés à ce sujet. 

Je n’ai absolument rien reçu pour retirer ou ne pas déposer ma candidature : ni argent, ni poste, ni promesse, ni garantie. Je n’ai négocié ni le maintien du Racing Club d’Abidjan, ni une fonction de vice-président, ni aucun avantage personnel.

Mon retrait n’a fait l’objet d’aucun marchandage. Je l’assume parce qu’il m’appartient. Personne ne me l’a acheté. 

Je réfute, je récuse et je refuse catégoriquement tout récit d’un prétendu arrangement. Depuis le 10 août, et même avant, je n’ai parlé à aucun journaliste au sujet de cette décision. Ceux qui parlent en mon nom ou m’attribuent des propos que je n’ai pas tenus devront en répondre. 

Nous étions prêts à aller à cette élection et à la gagner. Nous avions un projet, une équipe, une vision, ainsi que la détermination et le soutien des votants nécessaires pour aller au bout. Nous étions prêts. 

À celles et ceux qui m’ont soutenu, je le dis avec force : ne considérez pas ma décision comme votre défaite. 

Vous n’avez pas perdu.

Nous n’avons pas perdu. 

Nous avons ouvert une conversation, posé des questions, réveillé des ambitions et démontré qu’une autre vision du football ivoirien était possible. 

Je veux remercier celles et ceux qui soutiennent le projet de rupture, mais aussi ceux qui nous ont combattus et ceux qui continuent de nous combattre. Ils nous ont aguerris. Ils nous ont contraints à travailler davantage, à affiner notre projet et à fortifier nos convictions. 

À tous les présidents de clubs qui m’ont témoigné leur confiance, ouvertement ou dans la discrétion, je dis : je ne renonce pas. 

Je ne veux pas construire contre quelqu’un. Je veux construire pour la Côte d’Ivoire. 

Le football ivoirien est une famille. Je ne souhaite pas laisser derrière moi une famille plus divisée qu’elle ne l’était avant mon engagement. 

Je préfère la responsabilité à la confrontation, la construction à la polémique et l’avenir aux querelles du présent. 

L’intérêt du football ivoirien doit toujours primer sur l’ambition personnelle.

À ceux qui pourraient voir dans ma décision un recul, je demande simplement de regarder mon parcours. 

J’ai connu les terrains européens, le maillot national, les blessures, la reconstruction, les victoires, les défaites, la responsabilité de clubs de haut niveau en Europe et celle du Racing Club d’Abidjan. 

J’ai connu la victoire. Je connais aujourd’hui la relégation. Et pourtant, je suis toujours là. Parce qu’aimer véritablement le football, c’est rester lorsque le score vous est défavorable. C’est assumer. C’est reconstruire. 

Il existe des moments où l’homme doit distinguer ce qu’il peut faire de ce qu’il doit faire. J’ai fait ce choix en conscience. Je l’assume. 

Une fonction peut donner du pouvoir. Une conviction donne une direction. Je continuerai à défendre la formation, les clubs, les jeunes, le football féminin, le développement du football local et de masse, ainsi que la professionnalisation de notre football. 

Je continuerai à réfléchir, à proposer, à transmettre et à accompagner.

Mon histoire avec le football ivoirien ne s’arrête pas avec le retrait de cette candidature. Une élection a une date. Un mandat a une durée. Une candidature peut commencer et se terminer. Une conviction, elle, ne connaît pas de calendrier.

À celles et ceux qui pensent que j’ai reculé, je réponds simplement : Je ne recule pas. 

Je choisis un chemin.

Je ne pars pas.

Je ne disparais pas.

Je ne renie rien.

Je continue. 

Avec la même détermination, la même exigence et la même passion. Avec cette conviction qui m’accompagne depuis toutes ces années : la Côte d’Ivoire mérite un football à la hauteur de son talent, de sa jeunesse, de son histoire et de ses ambitions. Je resterai disponible pour servir ce football chaque fois que mon expérience, mes compétences et mon engagement pourront être utiles. 

Merci du fond du cœur à toutes celles et tous ceux qui croient en nous.

Merci à celles et ceux qui marchent à nos côtés et portent notre projet.

Merci à celles et ceux qui ont porté notre ambition.

Merci également à ceux qui nous combattent. Les combats difficiles forgent les convictions solides. 

À chacun d’entre vous, je laisse une certitude : ce que nous avons commencé ne s’arrête pas aujourd’hui. La candidature pour l’échéance de 2026 s’arrête. Le combat, lui, continue. 

Avec respect.

Avec responsabilité.

Avec dignité.

 

Cissé Souleymane,

Abidjan le 14 out 2026.

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OM ALERTE
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