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FIF : Idriss Diallo à 24 heures de sa réélection mais...

Publié le Ven 11 Septembre 2026 | 30 Vue(s) | [1600 sport]

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Idriss Diallo n'est pas encore sorti de l'auberge

À la veille de l’Assemblée générale élective de la Fédération ivoirienne de football (FIF), prévue ce samedi 12 septembre 2026 à Yamoussoukro, le suspense semble avoir disparu. Yacine Idriss Diallo, seul candidat en lice, est quasiment assuré de conserver son fauteuil. Mais derrière cette réélection annoncée se cache un autre scrutin, beaucoup plus révélateur...

Élu en 2022 à l’issue d’une bataille particulièrement disputée, Idriss Diallo aborde cette fois-ci une configuration radicalement différente. Il n’aura pas de concurrent face à lui. Mais l’absence d’adversaire ne signifie pas nécessairement l’absence de contestation.  

Être réélu ou être bien réélu ?

C’est toute la question. Dans une élection sans opposition déclarée, le score du vainqueur peut perdre une partie de sa portée politique. En revanche, le niveau de participation peut devenir le principal indicateur de confiance, d’adhésion ou de désaffection. Idriss Diallo devrait donc être reconduit. Mais avec quelle mobilisation des électeurs ?

Une forte participation donnerait à sa réélection une dimension de légitimité et d’adhésion. Elle permettrait au président sortant de tourner définitivement la page des tensions électorales de 2022 et de présenter son deuxième mandat comme celui d'un rassemblement autour d'un projet commun. À l'inverse, une participation faible pourrait alimenter une autre lecture : celle d'une élection sans véritable enjeu électoral, conséquence directe de l'absence de challenger. Et c'est là que réside le véritable challenge de YID. 


Les candidatures étouffées, un arrière-plan qui compte

Car cette élection n'arrive pas dans un environnement totalement apaisé. Les velléités de candidature apparues ces derniers mois n'ont finalement pas débouché sur une véritable compétition. Le verrouillage du processus électoral, les conditions de candidature et le rapport de force autour de la FIF ont contribué à installer une configuration dans laquelle Idriss Diallo se retrouve seul en piste. Cette absence de concurrence peut être interprétée de deux façons. Pour ses partisans, elle traduit la solidité de son bilan et l'incapacité de ses adversaires à construire une alternative suffisamment forte. Pour ses détracteurs, elle peut au contraire nourrir le sentiment que le débat contradictoire n'a pas véritablement eu lieu. Dans ce contexte, chaque absence samedi pourrait donc être scrutée avec attention.

La grogne des clubs : l'autre thermomètre

Autre élément à ne pas négliger : le mécontentement d'une partie des clubs autour de la question des subventions. Le football ivoirien reste confronté à une réalité économique difficile. Les clubs ont besoin de ressources pour fonctionner, recruter, se déplacer, payer leurs joueurs et structurer leurs infrastructures.  La revalorisation annoncée des subventions constitue donc un sujet hautement sensible. Dans le programme présenté pendant la campagne, les dotations aux clubs de Ligue 1 ont notamment été annoncées en hausse, de 100 à 140 millions FCFA, tandis que celles de Ligue 2 passeraient de 50 à 70 millions. Mais entre une promesse, une décision et sa traduction concrète dans les caisses des clubs, il existe parfois un fossé. C'est pourquoi le taux de participation pourrait aussi être lu comme un baromètre de la relation entre la FIF et sa base. Les clubs qui se sentent suffisamment concernés par l'avenir de la fédération feront-ils massivement le déplacement de Yamoussoukro ? Ceux qui nourrissent des frustrations choisiront-ils de participer pour exprimer leur position, ou préférer ont-ils la discrétion ?

Le paradoxe Idriss Diallo

Le président sortant se trouve ainsi face à un paradoxe. Plus son avance est confortable, plus la participation devient importante. Lorsqu'il existe plusieurs candidats, la compétition suffit à mobiliser. Lorsque le scrutin est joué d'avance, la capacité à convaincre les électeurs de venir voter devient elle-même un enjeu politique. Idriss Diallo n'a donc plus véritablement à convaincre pour gagner. Il doit convaincre pour donner du poids à sa victoire. Car une réélection massive, avec une forte participation, lui offrirait une marge politique considérable pour attaquer son deuxième mandat. Il pourrait alors dire : le football ivoirien m'a renouvelé sa confiance et l'a fait massivement. Une victoire obtenue dans une assemblée clairsemée raconterait une histoire différente. Samedi, le chiffre à surveiller ne sera pas seulement le score. À Yamoussoukro, les regards seront évidemment tournés vers le résultat final. Mais les observateurs avisés regarderont ailleurs. Combien d'électeurs auront effectivement pris part au vote ? C'est peut-être ce chiffre qui permettra de mesurer la température réelle du football ivoirien. Car derrière l'unanimité apparente autour d'un candidat unique, il existe toujours des frustrations, des ambitions contrariées, des attentes et des rapports de force.  Idriss Diallo devrait donc décrocher son deuxième mandat. Mais pour réussir politiquement son retour aux affaires, il lui faudra plus qu'une réélection : il lui faudra une véritable démonstration d'adhésion. Demain, Idriss Diallo saura donc s'il est simplement reconduit… ou véritablement plébiscité. Et dans une élection sans adversaire, le taux de participation pourrait bien être le véritable adversaire de YID. 

Francis Aquey

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