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De l'ombre à la lumière : Ces chiffres qui content la renaissance de la Côte d'Ivoire

Publié le Mar 23 Septembre 2025 | Modifié le Mar 23 Septembre 2025 | 460 Vue(s) | [22 articles]

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Le gouvernement ivoirien

En 2011, la Côte d'Ivoire émergeait d'une décennie de crises, le pays à genoux, exsangue. Les services publics, pour la plupart pillés, étaient à l'arrêt, les infrastructures socio-économiques dégradées et l'insécurité omniprésente.

Le quotidien était une épreuve : la simple recharge d’une bouteille de gaz butane relevait du parcours du combattant en raison de sa rareté, tandis que les coupures d'électricité incessantes, le fameux « délestage », rythmaient une vie précaire. Sur le plan économique, la situation était catastrophique. Avec une récession brutale de -6,6 % — la pire performance depuis les années 80 — et un taux de pauvreté qui frappait plus de 55 % de la population, l'avenir semblait bouché. C'est de ce chaos qu'a pourtant émergé une ambition : celle de reconstruire, de moderniser et de transformer durablement le pays. Quatorze ans plus tard, le visage de la Côte d'Ivoire a radicalement changé. Au-delà des discours, ce sont les chiffres qui racontent le mieux cette métamorphose. Nous vous proposons d'explorer les transformations clés qui illustrent, données à l'appui, le chemin remarquable parcouru.

 

LES TRANSFORMATIONS CLÉS

Le miracle économique : d'une croissance négative à un moteur régional

En 2011, l'économie ivoirienne était en ruines, avec un Produit Intérieur Brut (PIB) en récession de -6,6 % et un taux de pauvreté alarmant de 55,4 %. Aujourd'hui, le contraste est saisissant. Portée par une dynamique de réformes et d'investissements, la croissance est projetée à 6,5 % pour 2025, tandis que le taux de pauvreté a chuté à 37,5 % en 2021. Ce chiffre, à lui seul, illustre un changement de paradigme : le PIB par habitant a plus que doublé, passant de 817 000 FCFA en 2011 à 1 772 000 FCFA prévus en 2025. Derrière ces statistiques se dessine l'émergence d'une nouvelle classe moyenne, une consommation intérieure dynamisée et le statut retrouvé de pôle d'attraction pour les investissements régionaux.

La sécurité retrouvée : la fin de l'angoisse

Le climat d'insécurité était palpable en 2011, mesuré par un indice de sécurité de 6,8, très loin de la norme internationale de 1,1. En zone urbaine, le manque de moyens était criant avec seulement un policier pour 1 680 habitants. La pacification du pays a été une priorité absolue. En 2024, le maillage sécuritaire a été considérablement renforcé, atteignant un ratio d'un policier pour 509 habitants. L'indice de sécurité s'est quant à lui drastiquement amélioré, projeté à 1,2 pour 2025, frôlant les standards internationaux. Cette sécurité retrouvée est le socle sur lequel la confiance des citoyens et des investisseurs a pu se reconstruire.

Une ambition résumée dans une projection du Président Alassane Ouattara pour son discours du 6 août 2025 : « Aujourd’hui, la paix et la sécurité sont une réalité, la Côte d’Ivoire est un havre de paix et de stabilité, un pôle de confiance et un modèle de développement. »

Le boom des infrastructures : bâtir la Côte d'Ivoire de demain


Partant d'un réseau routier en état de dégradation avancée en 2011, avec seulement 6 514 km de routes bitumées et 142 km d'autoroutes, le pays s'est lancé dans un chantier titanesque. En 2024, la Côte d'Ivoire dispose de près de 8 500 km de routes bitumées et verra son réseau autoroutier atteindre 400 km en 2025. Le nombre de ponts et échangeurs a plus que doublé, passant de 327 à 769. Cette modernisation s'étend aux infrastructures portuaires, comme en témoigne le trafic de marchandises du Port Autonome d'Abidjan qui a bondi de 16,6 millions de tonnes en 2011 à 40,1 millions de tonnes en 2024. Ce réseau moderne constitue les artères de l'émergence, connectant les régions, fluidifiant le commerce et stimulant le développement local.

La révolution éducative : l'école pour tous devient une réalité

En 2011, l'accès à l'éducation était un défi majeur, avec un secteur public comptant seulement 294 collèges et lycées et 3 universités. Le taux d'achèvement du cycle primaire stagnait alors à 54,2 %. L'investissement dans le capital humain a été massif et spectaculaire. En 2024, le pays compte 902 collèges et lycées publics, dont 296 collèges de proximité en milieu rural, et 9 universités publiques (une dixième est en construction). Cet effort a eu un impact direct : le taux d'achèvement au primaire a bondi à 85,24 % en 2024. C'est l'avenir de toute une génération qui se joue, promettant une jeunesse mieux formée et plus compétitive.



Le grand bond numérique : connecter chaque Ivoirien

Avec un taux de pénétration Internet de moins de 2 % et à peine 200 000 abonnements en 2011, la Côte d'Ivoire était en marge de la révolution numérique. Le pays a depuis réalisé un saut technologique impressionnant. En 2024, le taux de pénétration Internet a explosé pour atteindre 40,7 %, soutenu par plus de 34,5 millions d'abonnements et un réseau national de 31 604 km de fibre optique. Ce saut technologique n'a pas seulement démocratisé l'accès à l'information ; il a catalysé une explosion du mobile money, révolutionnant l'inclusion financière pour des millions d'Ivoiriens longtemps exclus du système bancaire traditionnel.

La protection sociale pour tous : une nouvelle ère de solidarité

Avant 2011, moins de 10 % de la population bénéficiait d'une couverture maladie et il n'existait aucun régime de sécurité sociale pour les travailleurs indépendants. La majorité des Ivoiriens était dépourvue de filet de sécurité. Le pays a depuis bâti un nouveau pacte social. En 2025, plus de 20 millions de personnes seront enrôlées à la Couverture Maladie Universelle (CMU) et plus d'un million de travailleurs indépendants affiliés au Régime Social des Travailleurs Indépendants (RSTI). Fait marquant, pour la première fois depuis 1960, l'allocation familiale a été revalorisée, passant de 2 500 FCFA à 7 500 FCFA. Cet effort sans précédent vise à réduire la précarité et à garantir que personne ne soit laissé pour compte.



L'agriculture réinventée : de la production brute à la transformation

Géant agricole en 2011, la Côte d'Ivoire souffrait d'une transformation locale quasi inexistante. L'exemple de la noix de cajou est frappant : malgré une production de 400 000 tonnes, le taux de transformation locale n'était que de 2,4 %. Le pays a depuis opéré une montée en gamme stratégique. Non seulement il est devenu le premier producteur mondial d'anacarde (944 673 tonnes en 2024), mais son taux de transformation locale a explosé pour atteindre 36,42 %. Ce bond de plus de 34 points n'est pas anecdotique : il représente un changement de paradigme. Il signifie des milliers d'emplois créés en zones rurales, une capture massive de la valeur ajoutée au sein même du pays, et une dépendance réduite face à la volatilité des cours mondiaux. La Côte d'Ivoire passe ainsi du statut de simple exportateur de matières premières à celui de puissance agro-industrielle en devenir.

 Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En un peu plus d'une décennie, la Côte d'Ivoire a orchestré une transformation profonde et multidimensionnelle, touchant tous les secteurs de la société. Le pays a non seulement pansé les plaies d'une crise profonde, mais il a également jeté les bases solides d'un avenir prospère et inclusif.


Ce parcours, de l'ombre à la lumière, démontre une résilience et une capacité de projection remarquables. Au-delà des chiffres, cette trajectoire fulgurante pose une nouvelle question : quelle sera la prochaine frontière pour une Côte d'Ivoire qui a prouvé sa capacité à se réinventer ?

 

Camara Kouassi 

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