Présidant l'atelier régional de restitution-validation du plan stratégique d’investissement du District Autonome de la Comoé au profit des populations de l'Indénié-Djuablin, le préfet de région de l' Indénié-Djuablin, Préfet du département d'Abengourou, Eugène Kouassi a relevé un point important sur la compréhension de la décentralisation par les élus locaux qu'il convient de mettre en lumière. C'était le jeudi 20 novembre 2025 à la préfecture d'Abengourou. Décryptage.
Des missions du District Autonome de la Comoé
Avant de livrer le message de clôture, le message d'ouverture de cet important atelier, je voudrais rappeler les missions du district autonome. L'une des missions du district est de réaliser des études. Et la deuxième mission importante, c'est de suivre les projets et les investissements réalisés par l'Etat.
Aujourd'hui, donc, nous sommes réunis ici dans le cadre de l'une de ces missions, à savoir donc la réalisation des études. Et vous qui êtes à Abengourou, vous savez que, depuis bientôt deux ans, le district autonome a réalisé de nombreuses études. La question, c'est, on réalise ces études, mais c'est pour quoi faire ? On réalise ces études, (1:51) mais qui sont surtout destinées au gouvernement.
De manière à ce que, lorsque l'Etat décide d'entreprendre un projet, eh bien, l'Etat a déjà toutes les données. Ou alors, lorsque la collectivité... Ici, nous avons deux collectivités, la mairie et le conseil régional. Lorsque la mairie décide de réaliser un projet, eh bien, les études sont déjà disponibles.
Lorsque le conseil régional décide de réaliser des projets, eh bien, les études sont déjà disponibles. Voilà donc la mission, l'une des missions importantes du district. Donc, il n'y a pas de chevauchement.
Il n'y a pas de chevauchement dans les attributions. Ce qui se passe, c'est une observation personnelle. Est-ce que ces études... Vous voyez qu'à chacune des fois où nous faisons la restitution de ces études, la mairie et le conseil régional sont étroitement associés.
Et dans la réalisation de cette étude, la mairie et le conseil régional sont des parties prenantes. Ce que je n'ai pas compris, c'est que pourquoi est-ce que les autres mairies ne sont pas représentées. Est-ce que cette étude, elle est faite pour l'ensemble de la région de l'Indénié-Djuablin.
De l'importance des études pour les collectivités locales
Je reviens donc à ma préoccupation. Est-ce que ces études servent aux collectivités ? Est-ce que ces études servent à la mairie ? Est-ce que la mairie utilise le résultat de ces études ? Est-ce que le conseil régional utilise le résultat de ces études ? Je pense qu'il revient au ministre-gouverneur après de mener également une autre étude pour savoir si effectivement l'ensemble de ces études impactent la mairie ou les mairies et le conseil régional. C'est de l'argent.
Vous ne pouvez pas imaginer les montants qui sont dépensés pour réaliser ces études. On réalise ces études et puis les organes qui sont censés les utiliser les mettent à l'écart pour réaliser leurs propres études ou leurs propres projets. On n'est pas dans deux états, on est dans un même état.
Et chaque acteur a sa place. Pour ce qui concerne la préfecture, nous avons décidé de jouer notre rôle. L'année prochaine, en début d'année, nous allons faire une conférence des collectivités.
La région et l'ensemble des mairies seront réunies autour du préfet avec l'ensemble des directeurs régionaux pour qu'on coordonne toutes nos activités.
Il ne sera plus acceptable en 2026 que le conseil régional développe ses propres besoins, que la mairie développe ses propres besoins, mais qui ne cadre pas du tout avec la vision et les besoins globaux de l'Etat ou des populations. Ça ne sera plus acceptable.
Je voudrais avant toute chose saluer votre présence et vous remercier pour l'intérêt que vous portez à la mise en oeuvre d'un développement local harmonieux, inclusif et durable. Cet atelier marque une étape déterminante dans notre démarche collective. En effet, après plusieurs semaines, voire plusieurs mois de consultations, d'analyses sectorielles et de rencontres avec les différents acteurs locaux, nous sommes aujourd'hui disposés à vous restituer le diagnostic stratégique exhaustif qui met en lumière les défis prioritaires, mais aussi les immenses potentialités de notre région.
Mesdames et messieurs, la restitution que nous allons examiner ensemble constitue bien plus qu'un simple document technique, un miroir fidèle de nos réalités locales, de nos forces, de nos faiblesses, mais surtout des attentes des populations que nous avons la responsabilité de servir. Il s'agit désormais pour nous de valider ce diagnostic, de le consolider et de le transformer en un véritable cadre opérationnel de planification capable d'orienter nos politiques publiques et d'attirer l'intérêt de nos partenaires techniques et financiers. Dans ce processus, la participation de chacun est essentielle.
Les projets et programmes qui seront recueillis au cours de cet atelier doivent refléter des priorités pertinentes répondant aux besoins concrets de nos communautés, de nos infrastructures sociales de base, les routes, la santé, l'éducation, l'hydraulique, l'autonomisation des jeunes et des femmes, la sécurité, également la sécurité alimentaire, la protection de l'environnement et la transformation économique locale. Nous devons nous assurer que les projets soumis soient réalistes, faisables, bien structurés et cohérents avec les orientations nationales en matière de développement. Car notre ambition est clair, disposer d'un portefeuille de projets performants, bancables et susceptibles de mobiliser des financements durables. À ce stade de mon propos, je voudrais saluer la contribution des services techniques, des collectivités territoriales, des organisations de la société civile, du secteur privé et de nos partenaires au développement qui ont apporté leur expertise et leurs observations tout au long de ce processus. Votre engagement témoigne d'un esprit de collaboration responsable, indispensable pour conduire avec succès l'agenda de développement local"
"Je voudrais insister sur la participation bien active de l'ensemble des acteurs ici présents, les directeurs régionaux et chefs de services, dire que désormais, lorsque le document final sera disponible, les institutions disposeront donc d'une boussole de plaidoyer, c'est-à-dire que chacun de nous, lorsque nous rencontrerons donc un investisseur, on pourra donc lui dire, chez moi, dans la région de l'Indénié et du Djuablin, voici mes priorités. Et je ne trahis pas un secret en disant que le maire de la commune est une personnalité importante du Cepici. Certainement que lorsque le document sera disponible, il pourra donc organiser une grande réunion ici du Cepici décentralisé pour attirer donc les investisseurs dans le but de voir notre rêve.
Parce que ce que nous venons de faire, c'est notre rêve. Nous venons de rêver. Et c'est comme ça que les Occidentaux rêvent.
Et puis quand on voyage, on va chez eux, on est content. Nous venons de rêver. Mais comment est-ce qu'on parvient à transformer ce rêve en réalité? Est-ce que ce document va dormir dans nos tiroirs? Je ne veux pas être pessimiste, mais je veux encourager tous les acteurs, mais surtout les collectivités.
C'est sur ça que j'insiste. Parce que j'ai l'intime conviction que les collectivités n'ont pas encore su s'approprier l'essence de la décentralisation.
Le gouvernement central a décidé que désormais on rapproche le développement des populations.
Donc on crée des régions et on crée des communes. Alors, ce qu'elles ont compris, ces entités décentralisées, c'est que leur rôle, c'est de construire des écoles, construire des centres de santé, quelquefois faire des routes. Vous voyez comment c'est très mal résumé, c'est très mal résumé le développement.
Et si on n'a pas compris cela, eh bien la décentralisation ne va pas arranger le développement. Parce que la décentralisation devrait faire ce que nous venons de faire. Parce que si c'est pour construire des écoles, construire des centres de santé, en plus cet argent ne vient pas des collectivités, c'est l'État qui leur donne.
C'est-à-dire à vous, si on vous donne, vous pouvez faire ça. Il n'y a donc aucun mérite à dire que j'ai construit un centre de santé, j'ai construit une école. Il n'y a aucun mérite.
Le mérite, c'est quand vous avez structuré votre plan d'action, quand vous avez développé des schémas de développement et que vous mettez en œuvre. C'est cela qu'on appelle un acteur de développement. Et ça, je pense que nos acteurs de la décentralisation ne l'ont pas encore intégré.
À qui la faute ? C'est à nous la faute. On n'a pas trouvé la bonne manière de leur expliquer leur rôle. On n'a pas trouvé la bonne manière.
Mais on va finir par y arriver. C'est sur ces mots, tout en vous remerciant, que je déclare clos les travaux de l'atelier de restitution et de validation du diagnostic stratégique et de recueil des projets et programmes de développement. Je vous remercie».
Propos retranscrits par Oka Camille



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