À quelques semaines du coup d'envoi des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2027, le football continental fait face à une crise logistique majeure. La Confédération africaine de football (CAF) maintient une fermeté absolue sur ses critères de sécurité et de confort.
La Confédération africaine de football (CAF) maintient une fermeté absolue sur ses critères de sécurité et de confort. Le verdict des inspections est sans appel : plus d’une vingtaine de sélections nationales se retrouvent privées de leur propre territoire, faute d’enceintes homologuées. Pendant que la moitié du continent cherche désespérément une terre d’asile sportive, une poignée de nations affichent une santé infrastructurelle insolente, portée par la Côte d'Ivoire qui s'installe durablement dans la cour des grands. Le gouffre financier et sportif des matchs délocalisés. Jouer à domicile n'est plus un droit automatique en Afrique, c'est un privilège. Des pays comme le Lesotho, la Namibie, l’Eswatini, la République centrafricaine ou encore le Zimbabwe s'apprêtent à vivre un véritable parcours du combattant.
Pour ces fédérations, chaque réception se transforme en un déplacement coûteux à l’étranger. Au-delà de la perte sèche des recettes de billetterie locale, la facture s'alourdit par la location des stades neutres, l'hébergement prolongé et la logistique aérienne. Sur le rectangle vert, le préjudice est immense : privés de la ferveur de leur public et de leurs repères habituels, ces "sans domicile fixe" du football partent avec un handicap psychologique certain.
Quelques rares nations comme la Guinée, les Comores, le Burundi et le Tchad ont réussi à s'extirper temporairement de cette liste rouge grâce à des travaux d'urgence validés in extremis par la CAF. Le Top 5 des puissances coloniales du gazon. À l'autre bout du spectre, cinq nations se partagent le leadership des infrastructures sur le continent. Le Maroc survole les débats avec un parc impressionnant de 16 stades homologués, suivi de près par l’Afrique du Sud qui en aligne 13. L’Égypte (8) et l’Algérie (7) maintiennent leur rang historique. La Côte d’Ivoire consolide sa position au cinquième rang de ce cercle très fermé. Forte de l'héritage de la CAN 2023, la patrie des Éléphants aligne 6 stades parfaitement validés par les experts de la CAF, devançant des places fortes historiques comme le Cameroun et le Mali (5 stades chacun). Cette pluralité d'options offre à la fédération ivoirienne une flexibilité totale pour la programmation de ses rencontres et confirme le statut de hub sportif de l'Afrique de l'Ouest acquis par le pays. La rigueur de la CAF comme boussole.
Cette fracture logistique met en lumière l'intransigeance de la CAF sur les normes internationales. Qu'il s'agisse de la qualité des pelouses hybrides ou naturelles, de la puissance de l'éclairage nocturne, de la sécurité des flux de supporters ou des équipements technologiques dédiés aux médias, l'instance suprême ne concède aucun passe-droit. Une rigueur nécessaire pour standardiser le football africain, mais qui rappelle cruellement le chemin qui reste à parcourir pour de nombreux pays du continent.
Manu Manu


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