D’Abengourou aux échanges avec les clubs, le candidat à la présidence de la FIF mise sur la proximité, l’écoute et la transformation du football ivoirien. C’est dans la cité royale d’Abengourou, capitale du royaume de l’Indénié, que Yacine Idriss Diallo a choisi d’ouvrir sa tournée de campagne à travers la Côte d’Ivoire.
Pour sa campagne électorale, le candidat a débuté son périple à Abengourou. À une semaine de l’Assemblée générale élective de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), prévue le 12 septembre à Yamoussoukro, le président sortant et candidat à sa propre succession a voulu donner à cette première étape une dimension à la fois institutionnelle, humaine et sportive. Accompagné d’une importante délégation de son équipe de campagne, conduite notamment par Malick Tohé, coordinateur général, et Salif Bictogo, directeur de campagne, Yacine Idriss Diallo a quitté Abidjan dans l’après-midi du jeudi 3 septembre. Aux environs de 17 heures, la délégation a posé ses valises à Abengourou, première étape d’un périple national qui entend rapprocher le candidat des acteurs du football et recueillir leurs attentes.

Bénédiction des ancêtres
Pour cette première journée, le choix du candidat n’était pas anodin. Avant de rencontrer les acteurs du football, Yacine Idriss Diallo a tenu à respecter les usages et les traditions de la cité royale. La délégation s’est ainsi rendue à la Cour royale du royaume de l’Indénié, où elle a présenté ses civilités à Sa Majesté Nanan Boa Kouassi III, Roi de l’Indénié. Cette visite a constitué un moment fort du déplacement. Elle traduit la volonté de Yacine Idriss Diallo d’inscrire sa démarche dans le respect des autorités traditionnelles, mais aussi dans un esprit de dialogue, de cohésion et de rassemblement. Après la Cour royale, la délégation a poursuivi sa visite au domicile de M. Youl Sansan, cadre d’Abengourou et membre de la liste du Comité exécutif du candidat. Elle y a notamment retrouvé M. Adou N’Gouan Bernard, président de l’ASI d’Abengourou, club phare de la cité royale. Ces premières rencontres ont donné le ton d’une tournée placée sous le signe de la proximité.

« Transformer pour durer », le fil conducteur
Derrière les visites protocolaires, Yacine Idriss Diallo entend surtout défendre une vision pour les prochaines années. Son projet, baptisé « Transformer pour durer », repose sur une ambition claire. Celle de poursuivre les mutations engagées au sein du football ivoirien et leur donner des bases suffisamment solides pour inscrire les progrès dans la durée. Modernisation, professionnalisation, performance, formation, développement des clubs et meilleure prise en compte des préoccupations des acteurs constituent les principaux axes de cette démarche.
Le terrain reprend ses droits
Après cette première journée consacrée aux civilités et aux rencontres de proximité, la tournée s’est poursuivie le vendredi 4 septembre avec une audience accordée à la délégation par M. Adom Hervé Patrick, maire d’Abengourou. Cette rencontre avec l’autorité municipale a permis de prolonger les échanges avec les responsables locaux et de rappeler la place du football dans la vie des communautés. Mais le moment le plus attendu de cette deuxième journée était sans doute la rencontre avec les représentants des clubs et les membres actifs de la FIF de la zone Est, appelés à participer à l’Assemblée générale élective du 12 septembre. Plusieurs membres statutaires étaient effectivement présents . Il s'agit notamment de l'AS Tanda (Ligue 2), Saccraboutou Sport (D3), FC Nafanan (D3), US Fermiers (D3), ASI d’Abengourou (D3), Alliance de l’Indénié (D3), ADFCA (D3), AS Espoir d’Adzopé et Yangs Statlions ETK. Face au candidat et à sa délégation, les dirigeants ont parlé sans détour des réalités du terrain.
Les échanges ont permis d’aborder les grandes orientations du projet porté par le candidat, mais aussi les réalités auxquelles sont confrontés les dirigeants au quotidien.

Professionnaliser et responsabiliser les clubs
Dans son intervention, Yacine Idriss Diallo a rappelé que la professionnalisation et l’auto-organisation des clubs constituent l’un des axes majeurs de son projet. Pour le président de la FIF, la transformation du football ivoirien ne peut pas reposer uniquement sur la Fédération. Les clubs doivent eux aussi se structurer juridiquement, améliorer leur gouvernance et développer des modèles économiques leur permettant de générer davantage de ressources. Cette évolution est d’autant plus importante avec les exigences de la Confédération africaine de football (CAF) en matière de licence des clubs. La FIF entend accompagner les dirigeants dans cette dynamique afin de favoriser l’émergence de structures plus solides, mieux organisées et progressivement moins dépendantes des subventions. Le candidat a également insisté sur le coût élevé de l’organisation des compétitions et sur la nécessité de trouver de nouvelles sources de financement. La valorisation et la monétisation du contenu sportif doivent notamment permettre d’améliorer la visibilité des clubs, d’attirer de nouveaux partenaires et de créer davantage de revenus.
Les clubs de l'Est parlent
Au cours des échanges, M. Timité, président de Saccraboutou Sport, au nom des clubs membres statutaires et un représentant des clubs amateurs ont pris la parole de la zone présents à la rencontre. Ils ont exposé les difficultés auxquelles sont confrontés les clubs, notamment la vetusté des stades d'Abengourou et de Bondoukou, dont ils desirent ardemment leur rehabilitation afin de rapprocher leurs equiprs des populations. Ils ont evoqué les difficultés de déplacements de leurs équipes, les diffilcultés liées à leur quotidien. Au regard des difficultés rencontrées, Ils ont plaidé pour un accompagnement renforcé des clubs évoluant dans les divisions inférieures. Les representants des clubs ont également souhaité que les règles relatives aux montées et aux descentes soient clairement établies avant le début des championnats, afin de donner davantage de visibilité aux dirigeants et d’éviter les incompréhensions en cours de saison. Les échanges ont permis de rappeler l’évolution des appuis accordés aux clubs, avec une enveloppe de 140 millions de FCFA pour la Ligue 1, de 70 millons de FCFA pour la ligue 2, de 40 millions de FCFA pour la Division 3, de 15 millions de FCFA pour la division 1 du football féminin et 20 millions de FCFA pour les groupements d'intérêts. Les représentants ont toutefois insisté sur les charges importantes supportées par les clubs de district et les équipes régionales, appelant à une réflexion sur les mécanismes d’accompagnement de ces catégories.
Réponse fondée sur le réalisme
En réponse aux différentes préoccupations, le President Yacine Idriss Diallo a défendu une approche fondée sur le réalisme et la responsabilité. Il a expliqué ne pas vouloir prendre d’engagement financier qu’il ne serait pas certain de pouvoir respecter. « Ce qu’on fait doit être réaliste et réalisable », a-t-il indiqué en substance, tout en assurant que la Fédération poursuivrait ses efforts pour mobiliser des ressources supplémentaires. Si des moyens additionnels sont disponibles, des appuis matériels, notamment en ballons, maillots et équipements, pourraient être envisagés au bénéfice des clubs amateurs a-t-il soutenu substance.
Le candidat Yacine Idriss Diallo a également évoqué la nécessité de mettre en place une nouvelle approche de mobilisation et de gestion des ressources, afin de permettre au football ivoirien de disposer de moyens plus importants et surtout plus durables.
Le développement du football féminin figure également parmi les priorités présentées. Yacine Idriss Diallo a souligné le potentiel de cette discipline, en s’appuyant notamment sur le succès de la Coupe du monde féminine 2023 organisée en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il a appelé à mieux protéger les jeunes joueuses contre les pressions psychologiques et morales ainsi que contre toutes les formes d’agression, afin de leur offrir les meilleures conditions de formation et de progression.
La formation, la modernisation des circuits de compétition et l’amélioration de l’environnement de pratique ont également été présentées comme des leviers essentiels de la transformation du football ivoirien.
Une vision à l’horizon 2030
Yacine Idriss Diallo a enfin réaffirmé son ambition de poursuivre la modernisation de la Fif pour parvenir, à l’horizon 2030, à une Fédération plus moderne, plus transparente et plus efficace. Concernant les infrastructures, il a rappelé que la Fédération n’a pas vocation à construire les infrastructures sportives. Celà est du ressort de l''Etat de Côte d'Ivoire à seule travers l'Office national des sports (Ons). Cependant, il a indiqué que la Fif doit plutôt accompagner les initiatives privées et tirer parti, lorsque cela est possible, des programmes de la FIFA. À une semaine de l’Assemblée générale élective du 12 septembre, dans la capitale politique Yamoussoukro, le candidat a appelé ''ses patrons'' à lui renouveler leur confiance pour continuer la transformation durable du football ivoirien.
F.A avec Sercom


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