Clap de fin en style pour la 7ᵉ édition des Journées du pagne traditionnel ivoirien. Entre résolutions structurantes, silhouettes audacieuses et explosion de couleurs, le patrimoine textile ivoirien a prouvé qu’il pouvait conjuguer héritage et fashion attitude.
Dernier passage. Dernières silhouettes. Mais certainement pas le dernier mot. Ce samedi 29 août, le Centre de démonstration et de promotion des technologies (CDT), à Marcory, s’est transformé en véritable scène fashion pour la cérémonie de clôture de la 7ᵉ édition des Journées du pagne traditionnel ivoirien (JPTI 2026). Trois jours durant, le textile traditionnel ivoirien a changé de décor sans changer d’âme. Il s’est exposé, raconté, questionné et surtout projeté dans l’avenir. En guise de final, un défilé a donné le ton . Ici, les pagnes ne sont pas de simples étoffes. Ils sont des signatures, des identités, des matières à créer et à réinventer.
Mais derrière le glamour du podium se dessine une ambition beaucoup plus structurée. Réunie en assemblée générale ordinaire, la Fédération ivoirienne de textile traditionnel (FITT) a adopté plusieurs résolutions destinées à professionnaliser davantage la filière. Centrale d’achat, magasin de fil, magasin de produits finis, agenda des activités et mise en place d’un Secrétariat exécutif . Autant d’outils pour fluidifier la production, sécuriser l’approvisionnement des artisans et donner davantage de visibilité à leurs créations. Pour la présidente de la FITT, Chantal Guiraud, l’heure est désormais à l’action. L’enjeu, selon elle, est de créer un environnement dans lequel « l’artisan puisse produire, innover, commercialiser et vivre dignement de son savoir-faire ». Une vision qui fait du pagne traditionnel non plus seulement un objet de mémoire, mais une véritable matière première de création et de business.
Au CDT, cette ambition trouve naturellement un écho technologique. Méité Adama Bassessé, directeur général du Centre de démonstration et de promotion des technologies, a placé la technologie au service de la tradition. Moderniser les procédés, améliorer les outils de production, renforcer les compétences et accompagner les artisans dans l’innovation . Le challenge est désormais de faire entrer le textile traditionnel dans une nouvelle ère sans lui faire perdre son ADN. « Notre rôle est d’aider les artisans à transformer leur créativité en solutions et en produits capables de répondre aux exigences du marché », a-t-il indiqué en substance. Une passerelle entre le métier à tisser d’hier et les exigences fashion de demain.

Catwalk des territoires
Et puis, le podium. Le moment où le patrimoine quitte les discours pour prendre vie sous les projecteurs. Les Lacs, la Marahoué, le Lôh-Djiboua, les 18 Montagnes et le Poro ont défilé dans une succession de motifs, de textures et de couleurs. Chaque territoire est venu avec son identité, son esthétique, ses codes. À cette mosaïque ivoirienne s’est invitée Labé, en Guinée-Conakry, apportant une touche sous-régionale à cette grande parade textile.
Puis les créateurs ont pris le relais. La Maison du Sourire, Acurdi Queen Collection, Dzamas et Anav ont donné aux étoffes traditionnelles des lignes contemporaines. Les coupes se libèrent, les volumes s’affirment, les motifs se réinventent. Le pagne traditionnel se porte désormais autrement . En pièce statement, en silhouette couture, en look urbain ou en création événementielle. Le tissu ancestral change de registre, mais conserve son accent.
Cette dernière séquence des JPTI 2026 aura ainsi livré une image forte .Le patrimoine peut être tendance sans être dénaturé. Le pagne traditionnel peut monter sur un catwalk, séduire les fashionistas, inspirer les créateurs et investir les marchés sans abandonner ce qui fait son âme. Après la célébration vient donc le temps de la structuration. Et le prochain rendez-vous est déjà fixé .La 8ᵉ édition des JPTI est prévue du 27 au 29 mai 2027. Trois nouvelles journées pour continuer à tisser cette ambition.Faire du textile traditionnel ivoirien une signature culturelle, une industrie créative et, pourquoi pas, un label fashion qui s’exporte.
AN


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